
« Je m’excuse », finira par sortir le petit homme malingre, présenté hier à la barre du tribunal correctionnel de Thionville. Mais la victime ne s’en contentera pas. « Je ne les accepte pas ses excuses. Elles ne sont pas sincères. Il m’a agressée parce que je suis une femme et que je suis noire », assène-t-elle, la voix chevrotante. La peur ne l’a pas quittée depuis l’agression dont elle a été victime dans le train qui la ramenait chez elle mardi dernier, en provenance du Luxembourg.
Ce soir-là, la jeune femme rentre tranquillement du boulot. Il est tard et le wagon est quasi vide. Elle met ses écouteurs et regarde la télé sur son téléphone. Son regard croise celui d’un autre voyageur visiblement énervé et alcoolisé. Elle lui demande ce qui cloche. Et le ton monte.« T’es qu’une sale pute, tu comprends rien, c’est toujours pareil avec les gens comme vous ! », lui aurait-il lancé.
La jeune femme lui demande de la laisser en paix. Mais il la roue de coups de poing. Un contrôleur intervient. Le calvaire prendra fin en gare de Thionville où l’énervé est débarqué. Puis difficilement appréhendé par les policiers.
10 mois de prison ferme
Le prévenu a du mal à contester cette version livrée par la victime et les fonctionnaires. « Je ne m’en souviens pas. J’avais bu », lâche-t-il. Pourtant, même dégrisé, au lendemain de son interpellation, les insultes continueront de fuser depuis sa cellule de garde à vue.
« Les faits sont inadmissibles », martèle le procureur de la République de Thionville, Christelle Dumont, dénonçant des violences gratuites et des propos racistes intolérables.
« Je ne suis pas raciste », marmonne le petit homme. Jimmy Cristinelli, 21 ans, originaire d’Uckange, est déjà bien connu des autorités pour des vols notamment. Il ne travaille pas. « J’ai arrêté l’école de la 2e chance », raconte-t-il. « Et comment vous envisagez l’avenir ? », l’interroge le président du tribunal. Dans l’immédiat, ce sera en prison pour 10 mois.