Des tribus amérindiennes se battent contre la mise aux enchères de leurs objets sacrés à Paris

C’est une mise aux enchères qui suscite la colère et l’incompréhension de plusieurs tribus amérindiennes. Celles-ci sont vent debout contre la vente de près de 500 objets sacrés issus de tribus indiennes américaines – Acoma, Hopi et Zumi – organisée par la maison d’enchères EVE, lundi 30 mai à Paris.

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La tribu d’Acoma Pueblo, dans l’État du Nouveau-Mexique, et la tribu de la Hoopa Valley, en Californie, réclament l’annulation de cette vente et la restitution de ces objets. « Ce ne sont pas des œuvres d’art », a martelé mardi 24 mai le gouverneur de la tribu Acoma, Kurt Riley, au cours d’une conférence de presse à Washington. « Ce sont des pièces religieuses qui nous sont chères. Et quand elles partent, c’est comme si on nous enlevait une partie de nous-mêmes. »

La vente comprend notamment des objets utilisés dans les rituels religieux de la tribu Hopi. Ceux-ci ont un caractère sacré, à tel point que les Hopi refusent de voir certains d’entre eux photograpiés ou même décrits.

Pour le gouverneur de la tribu Acoma, cette vente est inadmissible, car elle va à l’encontre des traditions et des lois de son peuple. « Comment ces objets ont quitté notre peuple, nous l’ignorons. Mais leur existence, hors de nos terres, prouve qu’un événement s’est produit, un événement qui viole toutes les lois du peuple Acoma« , affirme-t-il.

« En l’absence d’un dossier clair et du consentement des tribus elles-mêmes, ces objets ne devraient pas être vendus », a renchéri Mark Taplin, du bureau des Affaires culturelles au département d’État lors de la conférence de presse qui s’est tenue mardi 24 mai à Washington.

L’ambassade américaine s’est même fendue d’un tweet pour réclamer officiellement l’annulation de cette vente.

Mais les autorités américaines n’ont pu faire entendre leur voix devant les tribunaux français. La bataille est à la fois culturelle et juridique : si la vente d’objets sacrés de tribus indiennes aux États-Unis est très restreinte voire illégale, selon les objets concernés et l’endroit où ils ont été trouvés, ça n’est pas le cas en France.

Le trafic est devenu plus facile grâce à Internet, mais « nous avons réussi aux États-Unis à récupérer certains objets. C’est en France qu’ils ne sont pas sensibles à nos arguments« , selon Kurt Riley, le responsable de la tribu Acoma.

« Nous sommes atterrés »

Plusieurs ventes aux enchères d’objets amérindiens ont été organisées à Paris depuis 2013. En juin 2014, neuf masques de la tribu Hopi se sont vendus pour 137 313 euros. La justice française a estimé que ces ventes étaient légales et a refusé de les annuler quand les tribus ont saisi les tribunaux.

 

France 24