Harcèlement sexuel : 95% des femmes qui le dénoncent perdent leur emploi

Les femmes parlent, c’est une réalité, mais pourquoi rien ne bouge ? Comment mettre un terme au harcèlement sexuel en entreprise ? Réponses avec Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail ( AVFT).

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Nous avons réalisé un sondage auprès de nos lectrices et 18% déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail. Que vous évoquent ces chiffres ?

Marilyn Baldeck. Cela reste dans la moyenne des enquêtes françaises. La dernière initiée par le Défenseur des droits publiée en 2014 fait état de 20% de femmes qui estiment avoir été confrontées au moins une fois dans leur vie professionnelle à du harcèlement sexuel. Beaucoup de personnes s’imaginent par exemple qu’il faut déjà des attouchements sexuels pour parler de harcèlement sexuel, alors que non ! Qu’est-ce que le harcèlement sexuel ? Ce sont des propos et des comportements connotés sexuellement qui ont été imposés au moins deux fois et qui ont des conséquences en terme d’atteinte à la dignité de la victime, ou qui créent pour elle un environnement et notamment un environnement de travail qui est humiliant, offensant, dégradant et hostile.

Vous dites que 95% des femmes perdent leur travail quand elles dénoncent des faits de harcèlement, c’est énorme.

Ce chiffre est issu du traitement des dossiers à l’AVFT. Aucune autre statistique n’existe, jamais aucun organisme d’enquête ne s’est penché sur le sujet ! On remarque que le frein principal des femmes pour parler est la crainte – réelle d’ailleurs – de perdre leur travail, et cela s’est accru depuis au moins cinq ans, depuis que c’est singulièrement plus difficile pour les salariés de retrouver un travail.

Elle

Tribune anti-harcèlement sexuel: Christine Boutin estime que c’est l’identité de la France qui est attaquée

Christine Boutin a « honte de ces anciennes ministres » qui, en publiant une tribune anti-harcèlement sexuel dans le Journal du Dimanche, laisse penser, selon elle, que tous les hommes politiques sont des obsédés sexuels. 

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Christine Boutin avance deux arguments contre « le puritanisme » qu’elle craint de voir s’installer après l’affaire Baupin. Le premier concerne les femmes elles-mêmes. Pour elle, si certaines femmes se font harceler, elles y sont un peu pour quelque chose. Voici son raisonnement :

« Mais vous savez, il y a des femmes avec lesquelles on peut aller plus loin et d’autres femmes avec lesquelles on ne peut pas aller plus loin. »

Et pour étayer ses propos, Christine Boutin se réfère aux mots d’une  participante des Grandes Gueules, Claire O’Petit, commerçante. Cette dernière expliquait juste avant Christine Boutin que certaines femmes sont « attirées par le pouvoir » et parfois « viennent se vendre aux messieurs et se pendent à leur cou »…

Elle estime que, quand il y a « des mots déplacés », « on remet les gens à leur place ». « Si ça va plus loin, on dépose plainte », ajoute-t-elle. Point barre. Et c’est tout. Non parce qu’à force de mettre tout le monde dans le même sac de pervers, c’est l’identité de la France qui est attaquée, Elle ajoute :

« Je ne sais pas si vous aimez la France avec certaines de ses caractéristiques. L’une d’entre elles, c’était la gauloiserie. Moi personnellement, j’aime bien la gauloiserie. »

« Je ne veux pas qu’on tombe dans le puritanisme. Je pense que la gauloiserie fait partie de l’identité française. Rigolote mais quand même bien là. Ça suffit. »

Le Lab

«J’ai envie de te faire une Baupin» la nouvelle blague en vogue à l’Assemblée nationale

Depuis les révélations de Mediapart sur l’élu vert, blagues sexistes et minimisation se mêlent à l’indignation.

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«Quand je te vois, j’ai envie de te faire une Baupin.» Cette phrase d’un conseiller d’agglomération a été rapportée par Aurore Bergé, élue Les Républicains, sur son compte Twitter. C’était le lundi 9 mai, jour de la publication de l’enquête de Mediapart, dans laquelle quatre élues ont rapporté des faits de harcèlement et d’agression sexuelles, attribués au député écologiste Denis Baupin.

Il semblerait que la petite phrase soit en vogue ces derniers jours et notamment à l’Assemblée nationale. Plusieurs collaborateurs et collaboratrices de députés nous ont rapporté des propos similaires, tenus dans les couloirs et bureaux de l’institution dans la foulée de ces révélations.

« Toi, on va t’envoyer Baupin », « c’est la grosse blague du moment», nous lâche Juliette, l’une des dix-sept collaborateurs et collaboratrices parlementaires dont nous avons recueilli le témoignage –la plupart sous anonymat, tant dénoncer le sexisme n’est pas encore chose facile ni valorisée dans le monde politique.

Slate

Harcèlement sexuel dans la gendarmerie : un an de prison avec sursis requis contre Ludovic et Julien

Deux gendarmes comparaissaient mardi devant le tribunal à Paris pour harcèlement sexuel. Ils sont poursuivis pour avoir tenu des propos obscènes devant une subalterne et de lui avoir proposé des rapports sexuels. Le parquet a requis un an de prison avec sursis à leur encontre.

Ludovic F., 37 ans, et son supérieur, l’adjudant Julien G., 38 ans, étaient poursuivis pour avoir tenu de façon répétée dans le temps des propos humiliants d’une crudité, d’une obscénité ahurissantes et proposé des fellations à une jeune gendarme venue tout droit de La Réunion pour faire ses preuves en métropole

Metro News


Harcèlement sexuel dans la gendarmerie: « Je te niquerais bien, quand est-ce qu’on baise ? »

Deux gendarmes gradés de Joigny (Yonne) comparaissent mardi 2 février à Paris pour avoir intimidé une subalterne en tenant des propos salaces. La victime a vécu pendant plus d’un an un véritable cauchemar dans le huis clos de cette brigade. Elle a décidé de sortir du silence pendant le procès.

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Gémissements suggestifs, propositions graveleuses, commentaires vulgaires… Deux gendarmes gradés de Joigny (Yonne) comparaissent ce mardi 2 février devant le tribunal correctionnel de Paris pour « harcèlement sexuel ».

Ils sont soupçonnés d’avoir fait vivre un véritable cauchemar à l’une de leurs subordonnées pendant plus d’un an, entre octobre 2012 et novembre 2013. La jeune gendarme, originaire de La Réunion, n’est parvenue à faire cesser cette situation intimidante qu’après avoir déposé plainte et s’être tournée vers l’association de défense des droits des militaires. Ses deux supérieurs, un maréchal des logis chef et un adjudant, ont été suspendus à la suite d’une enquête de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

« Je te niquerais bien »

Aux enquêteurs, la victime a raconté avoir été harcelée sexuellement. Dans le huis clos de la brigade de Joigny, ces deux gendarmes auraient tenu des propos humiliants, auxquels metronews a eu accès : « Je t’ai entendu baiser avec ton copain ; il faut que tu me montres (…). Les Réunionnaises sont chaudes du cul, elles sont bonnes, elles aiment le cul« , aurait ainsi dit l’adjudant. Ce dernier lui aurait par ailleurs proposé pendant une patrouille « un plan à trois » ainsi qu’une fellation tout en gémissant de « manière suggestive ».

L’autre gendarme, maréchal des logis chef, est soupçonné d’avoir embrassé de force la victime sur la bouche. Les propos qu’il aurait tenus sont d’une crudité effarante : « Je te niquerais bien, quand est-ce qu’on baise ? Je vois bien tes dents autour de ma bite […]. J’aimerais […]  te mordiller les tétons ». Marie*, 26 ans, a aussi raconté au juge qu’il avait exhibé son bâton télescopique, avant de la prévenir : « Tu vas voir, je vais te l’enfoncer dans la chatte ». Il est aussi poursuivi pour avoir pointé son arme de service sur la victime.

Hiérarchie « complaisante » ?

L’enquête a établi que des témoins et des collègues de la victime avaient corroboré une partie des propos rapportés par Marie. Elodie Maumont. Selon elle, la hiérarchie a « fermé les yeux sur la situation ». Pire, elle a été « complaisante ».

Metro News