Extrême droite : le député islamophobe Geert Wilders jugé après 6 400 plaintes pour incitation à la haine raciale

Le procès du controversé député néerlandais Geert Wilders pour discrimination et incitation à la haine s’est ouvert lundi matin, en son absence, à quelques mois des élections législatives.

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Le député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders change de tactique : il a annoncé qu’il serait absent du procès qui lui a été intenté, suite au dépôt de quelque 6 400 plaintes, pour discrimination, incitation à la haine et insultes. Les audiences prévues – une douzaine au total – devaient commencer lundi 30 octobre, dans un tribunal hautement sécurisé de Schiphol.

Alors qu’il se présentait jusque-là comme l’apôtre de la « parole libre » et devait, pensait-on, utiliser ce procès pour défendre son projet anti-immigration et anti-islam, le dirigeant du Parti pour la liberté (PVV) a indiqué qu’il serait seulement représenté par son avocat. Le ministère public pourrait toutefois exiger sa comparution s’il la jugeait indispensable.

M. Wilders dénonce le « procès politique » qui lui a été intenté et entend seulement s’expliquer devant ses collègues du Parlement de La Haye. Il affirme, en outre, que ce qui lui est reproché – vouloir « moins de Marocains » aux Pays-Bas – figure depuis longtemps dans le programme de son parti. Dans une lettre diffusée vendredi 28 octobre, il écrivait :

« C’est mon droit et mon devoir, en tant qu’homme politique, de parler des problèmes de notre pays. » 

« Je n’ai rien dit de mal, des millions de Néerlandais – 43 % de la population – veulent moins de Marocains, poursuit l’allié du Front national au Parlement européen. Pas parce qu’ils détestent les Marocains ou veulent qu’ils quittent tous le pays, mais parce qu’ils en ont assez de la terreur que font régnertellement de Marocains. » Ce qu’il a rappelé lundi matin avant l’ouverture de son procès dans un message en néerlandais et en anglais diffusé sur Twitter : « Les Pays-Bas ont un mégaproblème avec les Marocains. Se taire à ce propos est lâche. » Une sorte de pied-de-nez au tribunal, qui a indiqué qu’il rendrait son arrêt le 9 décembre.

« Figure carnavalesque »

Le procès porte, en fait, sur des propos tenus en mars 2014, à La Haye. M. Wilders avait demandé à ses militants s’ils voulaient « plus ou moins de Marocains dans (leur) ville et aux Pays-Bas ». Face à une foule scandant « Moins ! Moins ! Moins ! », il avait répondu en souriant : « Nous allons nous en charger ».

Acquitté lors d’un autre procès pour racisme, en 2011, le dirigeant populiste n’a, en tout cas, pas changé de cap. Au cours des derniers mois, il a répété que son objectif était de faire fermer toutes les mosquées des Pays-Bas et interdire le Coran. Cela lui a attiré les foudres de tous les partis, mais pas la disgrâce des électeurs potentiels : des sondages organisés en vue des législatives, qui auront lieu en mars 2017, affirment que le PVV reste la première formation du pays, devant le parti libéral du premier ministre Mark Rutte.

Il apparaît toutefois de plus en plus improbable que la formation populiste de M. Wilders puisse arriver un jour au pouvoir, même si son chef, qui se voit premier ministre, affirme l’inverse. Tous les partis rejettent désormais l’idée de gouverneravec lui. M. Rutte avait tenté de bâtir, en 2010, une coalition soutenue de l’extérieur par M. Wilders. Il a dû rapidement constater son erreur.

Le dirigeant du PVV encourt une peine maximale de deux ans d’emprisonnement, une amende de plus de 20 000 euros ou un peine de travaild’intérêt général. « S’il est acquitté, comme la première fois, cela renforcera certainement sa popularité, mais s’il est jugé coupable, cela découragera les gens de voter pour lui », a expliqué à l’AFP Meindert Fennema, auteur d’une biographie (non traduite) du dirigeant.

« Le PVV est un parti protestataire et sa chance de revenir au pouvoir m’apparaît nulle, écrit quant à lui l’historien et commentateur Maarten van Rossem. Wilders n’est plus un politique sérieux, mais seulement une figure carnavalesque, ce qu’il a, en fait toujours été. Cela n’empêche pas que l’on doive se demander d’où vient la colère qui anime ses supporteurs. »

Le Monde

 

Une réflexion sur “Extrême droite : le député islamophobe Geert Wilders jugé après 6 400 plaintes pour incitation à la haine raciale

  1. il n’y a pas qu’a l’extrême droite qu’il y a des racistes dans les autres partis aussi il suffit d’écouter les paroles de valls,sarkozy et tutti quanti

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