La gestion d’un domaine côtier par la mairie FN de Cogolin critiquée par les magistrats financiers

Pour les magistrats financiers, la situation financière du Yotel est « saine », mais ils s’inquiètent néanmoins de projets d’investissements qu’ils jugent possiblement « problématiques » pour l’endettement.

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Le maire FN de Cogolin (Var) sait-il gérer le Yotel ? La Chambre régionale des comptes critique la gestion par Marc-Étienne Lansade, élu en 2014 de ce terrain « stratégique », un site de 13 hectares où était exploité un centre de vacances à vocation sociale entre 1980 et 2013, idéalement placé sur le golfe de Saint-Tropez et donné en location à une société dans des conditions contestées, dans un rapport rendu public fin septembre. Dans ce rapport, principalement consacré à la gestion de la commune avant l’arrivée du Front national, les magistrats financiers estiment que sa situation financière est « saine » mais appellent « à la vigilance », et s’inquiètent de projets d’investissements qu’ils jugent possiblement « problématiques » pour l’endettement.

En attendant de concrétiser un projet sur ce site qualifié « d’exceptionnel », le prédécesseur de M. Lansade, Jacques Sénéquier (DVD) avait signé en 2013 et 2014, pour chaque saison estivale, des baux commerciaux précaires avec un exploitant de camping. À son arrivée, le nouveau maire Marc-Étienne Lansade change de prestataire et confie pour 36 mois les lieux à une nouvelle société, Marina Paradise.

MANQUE DE TRANSPARENCE

Les magistrats financiers s’interrogent sur le choix de cette société, qui n’a été officiellement constituée que deux mois après la signature du bail, ne dispose que de 5.000 euros de capital social et ne compte qu’un seul salarié « ce qui semble a priori mal proportionné au montant du loyer de 600.000 euros pour trois ans ». Aucun dépôt de garantie n’a d’ailleurs été exigé par la commune. Le choix de la société s’est fait sans « aucune procédure formalisée d’appel à la concurrence », qui n’était pas légalement obligatoire, mais « aurait permis de rendre le mode d’attribution plus transparent qu’une simple négociation de gré à gré ».

Les juges s’étonnent également que le contrat permette de sous-louer à une autre société, ce que Marina Paradise a fait, confiant finalement les lieux à Homair Vacances, un grand groupe spécialiste des mobil-homes. Ce mécanisme, permis par la mairie « sans contrôle » permet au locataire « de dégager une marge au détriment de la commune », soulignent les magistrats.

Contacté par l’AFP, le maire a souligné avoir augmenté le loyer de 100.000 à 200.000 euros annuels par rapport à l’exploitant précédent : « si c’est du copinage, il faut pas être mon copain », a-t-il ironisé.

Boursorama

 

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