Meurtre des deux fillettes Saïda et Sarah : Confondu par son ADN, Georges jugé 20 ans après
Confondu par son ADN deux décennies après les faits, un homme de 40 ans comparaît à partir de mercredi devant les assises de l’Isère pour le meurtre d’une fillette en 1996, après un premier homicide pour lequel il n’a pas encore été jugé.

Le 26 novembre 1996 au matin, le corps de Saïda Berch, 10 ans, était retrouvé dans un canal à Voreppe (Isère), deux jours après sa disparition.
L’autopsie concluait à une mort par strangulation provoquée à l’aide du pull de la victime, sans détecter de sévices sexuels.
Sept ans plus tard, en avril 2006, le dossier était rouvert à la faveur d’un rapprochement avec une autre affaire, celle du meurtre de Sarah Syad, six ans, le 16 avril 1991, dans la même commune. La fillette avait disparu alors qu’elle jouait près de son domicile. Elle avait été retrouvée dans un bois, étranglée, avec du sperme sur sa chemise.
Plusieurs analyses génétiques se révélaient infructueuses. Jusqu’à une expertise confiée en 2013 à un laboratoire de Bordeaux, qui permettait d’identifier un profil ADN de sexe masculin, notamment sur les manches du sweat-shirt ayant servi à étrangler Saïda Berch.
Pour les deux fillettes, il s’agissait du même homme: Georges P., mineur à l’époque du premier meurtre et fiché à la suite de deux infractions commises en 2005 et 2008, notamment pour conduite sous l’emprise de stupéfiants.
Vivant en concubinage, père d’un jeune enfant, il avait continué de vivre dans le même quartier, fréquentant les frères et soeurs des victimes, et confiant même son fils aux soins de la mère de Sarah Syad. Entendu par les gendarmes en 1996 dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Saïda Berch, il n’avait pas été inquiété faute d’éléments à charge.
Ces deux affaires ont longtemps figuré dans la liste des neuf disparitions ou meurtres d’enfants non élucidés entre 1983 et 1996 en Isère. Le verdict est attendu vendredi.