Attentat paris : une enquête ouverte pour mise en danger après divulgation de l’identité d’un témoin

« Il avait le sourire. » « Il est fier »… La femme ayant permis à la police de localiser Abdelhamid Abaaoud, « cerveau » présumé des attentats du 13 novembre à Paris, permettant l’opération du Raid qui a conduit à sa mort le 18 novembre, a accordé une interview à RMC ce jeudi matin. Elle s’est dit « abandonnée » par l’État depuis ce témoignage crucial. Dans la foulée de cette interview, une enquête a été ouverte pour pour «violation du secret de l’instruction» et « mise en danger de la vie d’autrui ».

La Voix Du Nord


Les enquêteurs révèlent le nom et le visage de la femme qui a permis de neutraliser Abaoud, à ses complices en prison

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Attentats du 13 novembre : « Sonia », le témoin oublié et mal protégé !

Sur Europe 1, le ministre de l’Intérieur a répondu jeudi matin aux critiques du témoin-clé sur son abandon par l’État au lendemain des attentats.

« Ma responsabilité, c’est de ne pas exposer la vie de cette personne », a affirmé Bernard Cazeneuve au micro de Jean-Pierre Elkabbach, jeudi 4 février. Pourtant, ce sont bien des fonctionnaires de police qui ont livré le nom – écrit noir sur blanc sur les PV d’audition remis aux juges d’instructionde celle qui a mené les services antiterroristes à la planque d’Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire des attentats du 13 novembre. Ce dernier avait projeté un nouvel attentat à la Défense.

Le 20 novembre, une semaine après les attaques meurtrières qui ont causé la mort de 130 personnes, Le Point.fr frappait à la porte du témoin numéro 1 qui a permis la neutralisation de Abdelhamid Abaaoud et de son complice Chakib Akrou. Au même moment, c’est le branle-bas de combat au ministère de l’Intérieur et au parquet de Paris.

Pour sa protection, prétendent-ils, le témoin ne doit pas apparaître dans les médias. Les médias ne doivent pas découvrir que si Abaaoud a été retrouvé aussi rapidement, ce n’est pas grâce à la DGSI ni à un quelconque service policier, mais grâce à ce témoin, proche d’Hasna Aït-Boulhacen, la cousine du terroriste. Au fur et à mesure de l’avancée de la procédure, ce témoin censé être protégé, y compris contre lui-même, par la police et la justice est pourtant jeté en pâture aux complices présumés des terroristes actuellement en détention.

Les enquêteurs révèlent son nom et son visage !

Sur le procès-verbal, l’identité de cette femme est révélée par un policier de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) à Jawad Bendaoud, l’hébergeur d’Abaaoud. Ce dernier sait donc aujourd’hui qu’il est en prison à cause de ce témoin. Jawad Bendaoud, repris de justice, déjà condamné pour homicide, est décrit comme un individu sans scrupule. L’enquêteur ne lui cache rien. Ni le nom de cette femme, ni ses actions pour aider les services antiterroristes et aussi pour retrouver l’hébergeur d’Abaaoud !

De même, un autre fonctionnaire révèle encore l’identité de ce témoin clé à l’intermédiaire, aujourd’hui en détention, qui a mis en relation Jawad Bendaoud avec la cousine d’Abaaoud pour lui trouver un logement avant qu’il repasse à l’action dans le quartier de La Défense.

« Connaissez-vous (suivent les nom et prénom du témoin) ? C’est une personne très proche d’Hasna qui a déclaré que vous étiez au courant qu’elle cherchait un hébergement pour deux cousins recherchés par la police. » Et si cela ne suffisait pas, les enquêteurs présentent la photo du témoin à des suspects mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes.

Le Point

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