Il prie à l’hôpital et se fait interdire l’entrée : instant de vie d’un musulman ordinaire

L’histoire de Momo Roots
Momo Roots est originaire du Maroc. Musulman pratiquant, il mène une honnête carrière artistique en France depuis de nombreuses années sous l’égide d’un style musical métissé qu’il définit comme du Reggae Gnawa. De nombreux concerts en France mais aussi à l’étranger. Des textes appelant à la paix et au respect de l’Autre.
Des actes forts comme la défense active de la synagogue de Montfermeil, en 2005, au plus fort des événements des banlieues. Un premier album puis un second qui devait paraître fin 2014. Mais voilà, sa maman, âgée de 74 ans, fait en octobre de cette année-là une rupture d’anévrisme.
Dans le coma, elle est prise en charge au centre hospitalier Sainte-Anne. Depuis le premier jour, Momo Roots force mon admiration. Il ne quitte jamais sa mère.
Prières, psalmodie et rétablissement
Assez vite, il a le sentiment que la psalmodie du Coran à mi-voix qu’il dispense à sa maman la soulage. À l’issue de deux mois de coma, elle reprend connaissance. Un lent retour à la vie s’opère. La main de son fils posée sur elle la réconforte. Momo Roots est toujours auprès de sa mère, premier témoin de chacun de ses infimes progrès.
Aujourd’hui, elle reconnaît les siens et arrive à parler, un peu. À tort ou à raison, Momo Roots est toujours persuadé que ses prières et sa psalmodie contribuent directement à son rétablissement. Mais cette pratique n’est définitivement pas du goût de tout le monde dans le service.
Quelques jours avant Noël 2015, la sanction tombe : il n’est plus le bienvenu dans l’établissement. Ses visites sont limitées à deux heures par jour. Un martyr pour celui qui accompagne au plus près sa maman depuis près de quinze mois.