Le Front national Islandais obtient.. 0,2% des voix aux élections

Si les résultats des élections islandaises de samedi étaient très suivies à l’étranger en raison du parti pirate, ils ont également confirmé la place à part de l’Islande au sein des pays nordiques tant l’extrême droite y brille par son absence.

islande_4

En Suède avec les Démocrates suédois, en Norvège avec le Parti du progrès, au Danemark avec le Parti populaire, l’extrême droite et la droite populiste inondent peu à peu l’Europe du nord, obtenant sans cesse de nouveaux sièges dans les parlements nationaux et décrochant à chaque élection de nouveaux ministères.

Si ces partis connaissent des parcours différents et des vues divergentes sur le rôle de l’État-providence, force est de constater que leur dénominateur commun reste un rejet massif de l’immigration, de l’accueil de réfugiés et de l’islam, les trois thèmes se mêlant allégrement au sein de discours politiques xénophobes et islamophobes. La mise en scène du choc des cultures est particulièrement présente, opposant aux barbares violents et sexistes venus de l’étranger l’exceptionnalité de la démocratie scandinave, considérée comme l’unique rempart de la paix sociale, des droits des femmes et des LGBT. Il s’agit d’une stratégie particulièrement efficace dont s’est également inspirée l’extrême droite française.

Mais l’Islande, encore une fois, semble ici faire figure à part. L’île compte bien un parti d’extrême droite, le Front national islandais (Íslenska þjóðfylkingin) mais si celui-ci a réussi à se présenter dans deux circonscriptions aux élections législatives du 29 octobre, il n’a obtenu aucun député et seulement 303 votes en sa faveur dans tout le pays, soit moins de 0,2% du corps électoral islandais. Ce parti, qui lutte activement contre la construction de mosquées dans le pays, le port de la burqa et pour la sortie du pays de l’espace Schengen, reste incapable de percer politiquement malgré un scrutin à la proportionnelle particulièrement favorable aux petites structures.

Pourquoi? Faut-il encore hisser l’Islande au rang d’utopie nordique, où ses habitants seraient plus ouverts, plus tolérants, moins obsédés par les questions d’identité nationale?

l’Islande compte déjà près de 10% d’immigrés sur son sol, un chiffre comparable à celui de la France ou du Danemark par exemple. Si l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile reste une source de tension politique, la majorité des Islandais ne demande pas de politique gouvernementale plus stricte à leur égard, au contraire.

Alors que le pays a traversé la pire crise économique de son histoire en 2008, combiné à un effondrement de sa monnaie et à une explosion du chômage, cette situation n’a pas provoqué de fort ressentiment contre les migrants. La crise, son cortège de manifestations et la démission du gouvernement ont avant tout ouvert le débat médiatique sur la corruption des élites, la faiblesse de l’économie islandaise et le besoin d’exemplarité politique. Autrement dit, pour reprendre les mots de Virginie Despentes à propos de l’Espagne, face à la crise, les Islandais n’étaient pas convaincus que leur voisine voilée soit leur problème numéro un. Ce sont les politiques et leur gestion du pays qui ont été pointés du doigt .

Slate

Islande : la police expulse 2 réfugiés d’une église qui leur avait offert l’asile

Une vidéo montre la police islandaise traîner deux réfugiés originaires du Moyen-Orient hors d’une église qui leur avait offert l’asile, à Reykjavik. Selon, les médias islandais, les deux hommes auraient été expulsés du pays.

L’église Laugarnes de la capitale islandaise a voulu tester les autorités pour voir si elles respectaient la tradition sacrée de l’asile religieux, a expliqué la responsable de l’église, Kristin Thorunn Tomasdottir au site d’information islandais mbl.is.

Or il s’est avéré que la police islandaise n’a que faire des anciennes traditions de son pays, puisque les deux demandeurs d’asile ont été évacué manu militari dans la soirée du mercredi 29 juin, avant d’être déportés vers la Norvège, rapporte le média islandais.

Environ une trentaine de membres de l’Eglise avaient encerclé les demandeurs d’asile afin de les protéger des forces de l’ordre, et se sont dits choqués et attristés par «cet acte irrespectueux des autorités» islandaises, a précisé Tomasdottir.

«La police est arrivée et nous lui avons expliqué pourquoi nous étions ici. Ils nous ont expliqué qu’il y avait des règles à suivre et que rien ne pourra y changer. Ensuite, les demandeurs d’asile ont été emportés en étant trainés sur le sol de l’Eglise».

Cependant, Tomasdottir a souligné que son église continuerait d’offrir refuge aux migrants, malgré le désaccord avec les autorités. Elle explique par ailleurs qu’au fil de son travail avec les réfugiés, l’église «avait appris à connaitre ses individus et à entendre leurs histoire, ainsi que le chemin qu’ils ont dû parcourir pour rejoindre l’Islande».

L’Islande, dont la population est d’environ 320 000 personnes, a récemment accepté d’accueillir quelques dizaines de réfugiés dans le cadre de la crise migratoire que traverse l’Union européenne. Bien qu’environ 11 000 citoyens islandais ont proposé d’accueillir des migrants chez eux, le premier groupe à avoir rejoint le pays en février dernier ne comptait que 35 réfugiés syriens.  

RT