Articles par FDEBRANCHE

Australie : enquête sur des violences et humiliations subies par des mineurs autochtones

 

Capture d’écran 2016-07-27 à 12.46.44.png

Un jeune détenu plaqué au sol et mis violemment à nu par ses gardiens, un adolescent de 17 ans attaché durant deux heures sur une chaise, avec une cagoule sur la tête, un autre aspergé dans l’obscurité de gaz lacrymogène… Les images choquantes diffusées lundi soir par la chaîne publique australienne ABC pointent en particulier les conditions de détention du centre pour délinquants juvéniles Don Dale, près de Darwin, dans le Territoire du Nord.

Des humiliations, des traitements dégradants émanent des scènes captées par les caméras de surveillance du centre en 2014 notamment. Les séquences diffusées montrent le cas particulier d’un jeune garçon qui alterne les périodes de détention depuis ses 11 ans et qui se trouve aujourd’hui, dans une prison pour adultes. Sur les images, on découvre un adolescent qui menace de se faire du mal et qui reçoit en réponse, des coups. Sur d’autres, on peut entendre le personnel rire et prononcer des débuts d’insultes.

Le Territoire du Nord a l’un des taux de criminalité les plus élevés d’Australie et les aborigènes y représentent plus des deux tiers de la population carcérale. D’après Amnesty International, les enfants aborigènes ont 26 fois plus de risques de se retrouver en prison que les autres enfants, dans un contexte de lacunes d’éducation, de chômage élevé et de toxicomanie.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a expliqué qu’elle demandait depuis longtemps au gouvernement de réagir aux abus commis dans les centres de détention pour jeunes délinquants. La situation dans le Territoire du Nord n’est que la partie émergée de l’iceberg, selon elle. Pour Elaine Pearson, directrice pour l’Australie de HRW, ce qui se passe à Don Dale est « l’exemple classique de ce qu’il ne faut pas faire avec les jeunes en difficulté ».

« L’utilisation excessive de la force, l’isolement et les fers sont barbares et inhumains », dénonce Elaine Pearson. « La force excessive est un abus et ceux qui commettent ces abus doivent répondre de leurs actes ».

Le Parisien

Israël détruit 11 maisons palestiniennes en bordure de Jérusalem occupée

Les autorités israéliennes ont détruit tôt mardi une dizaine de maisons palestiniennes à Qalandia, la proche banlieue de Jérusalem séparée de la Ville sainte par le mur israélien, ont indiqué des sources palestiniennes.Peu après minuit, un convoi de dizaines de véhicules militaires et de bulldozers israéliens a fait irruption dans la localité, avant de démolir 11 maisons, ont rapporté des témoins.

4562871_6_1c44_des-soldats-israeliens-lors-de-la-destruction_c6da6d62b15b02d9895f799012d26e1f.jpg

 

La localité de Qalandia, sous contrôle militaire israélien, se trouve en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis près de 50 ans par Israël. Nombre de ses habitants disposent toutefois du statut de résident en Israël, un permis délivré aux Palestiniens vivant à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël.

La grande majorité des propriétaires des maisons détruites sont détenteurs de ce permis et relèvent à ce titre de la juridiction israélienne, selon les autorités de l’Etat hébreu qui leur reprochent d’avoir bâti leur maison sans permis de construire.

Les autorités israéliennes « nous ont prévenu lundi après-midi qu’elles allaient détruire nos maisons, dont certaines étaient encore en construction », avait indiqué dans la nuit à l’AFP Mohammed al-Jouri, alors que les bulldozers se dirigeaient vers sa maison.

Mardi matin, un immense tas de gravats et de tiges métalliques s’étendait sur des dizaines de mètres en lieu et place de maisons qui s’élevaient sur plusieurs étages, le long du mur de séparation, ont constaté des journalistes de l’AFP.Des habitants s’activaient à entasser des matelas, du matériel électroménager et des meubles ayant échappé à la destruction.

Interrogés par l’AFP, plusieurs porte-parole israéliens n’ont pas été en mesure de faire de commentaire sur ces destructions.La communauté internationale dénonce régulièrement les démolitions d’habitations palestiniennes par Israël, ainsi que la politique d’aménagement de l’Etat hébreu qui ne délivre qu’au compte-goutte des permis de construire aux Palestiniens. Cette politique vise, selon les Palestiniens, à développer la construction de colonies israéliennes dans les Territoires occupés.

Par ailleurs, également tôt mardi, des bulldozers israéliens ont détruit quatre bâtiments, des maisons et des commerces, dans le quartier de Essaouiya à Jérusalem-Est, a rapporté l’agence palestinienne Wafa.

L’Orient Le Jour

Syrie : bombardements occidentaux sur des civils, discrétion des médias français

Pas un mot au JT de TF1, un petit sujet d’une minutes et 15 secondes le 20 juillet dans le journal de France 2 : les bombardements de la coalition internationale, conduits les 18 et 19 juillet, près de la ville de Manbij dans le nord de la Syrie et qui ont fait plusieurs dizaines de victimes civiles ( une centaine d’après les locaux ) n’ont eu qu’un faible écho à la télévision française.

Manbij massacre raid coalition france usa daech ei civils attentat

Pourtant qualifiées, par certains sites comme Le Monde ou Libération, de « plus grosse bavure » de la coalition depuis son entrée en action en septembre 2014, ces frappes ont fait au moins 56 victimes civiles dont 11 enfants selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, OSDH). Quant aux déclarations du ministre syrien des Affaires étrangères dénonçant, à tort ou à raison, l’aviation française, rares sont les médias français a leur avoir fait écho.

Mercredi 20 juillet, entre un reportage sur la France et ses millionnaires et un sujet sur Donald Trump, le présentateur du JT de France 2, Julian Bugier, pose finalement la question : « Y-a-t-il eu bavure de la coalition internationale en Syrie ? Plusieurs sources révèlent aujourd’hui que des bombardements occidentaux auraient tué des dizaines de civils. » En duplex, depuis Washington, où se tient une réunion des pays occidentaux engagés dans le conflit, le journaliste Arnaud Comte commente : « Les Américains expliquent qu’ils ont visé des convois des voitures de djihadistes mais aucune confirmation de leur part de victimes civiles. »

Mise au conditionnel, non-confirmation des autorités américaines, ce 20 juillet, en 1 minute et quelques secondes France 2 n’en dira pas plus sur les bombardements qui, dans la nuit du 18 au 19 juillet, ont frappé le village d’Al-Tukhar à quinze kilomètres au nord de la ville de Manbij.

Quant aux journaux télévisés de TF1 ce 20 juillet ? Pas un mot sur le sujet. La veille ? Le lendemain ? Non plus. A l’étranger et en France, pourtant le lendemain des bombardements plusieurs medias faisaient état de victimes civiles et pas seulement au conditionnel : « En Syrie la coalition internationale tue plusieurs dizaines de civils », titrait ainsi Le Monde le 20 juillet évoquant un « carnage », « les photos de corps démembrés, couverts de poussières, en train d’être déposés dans une fosse commune » qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

Arrêt Sur Image

Nice : Ils confondent une serviette aux couleurs de la Vendée avec.. le drapeau de Daesh

Des voisins, rue de Rivoli, à Nice, se sont émus d’apercevoir sur un balcon, au dernier étage d’un immeuble, un drapeau noir et blanc qui semblait être l’étendard de Daesh.

image-img_205711-e1468991932119.jpg

La photo qu’ils en ont faite est effectivement troublante. Vérification faite, il s’agit en fait d’une fausse alerte.

Ce n’était pas un drapeau de Daesh mais une serviette aux couleurs de la Vendée.

Nice Matin

Royaume-Uni: Enterrée vivante par son fiancé, elle réussit à sortir de sa tombe

Seule, terrorisée, à la noirceur, écrasée par de la terre et des branches, une jeune femme a dû gratter avec ses ongles afin de s’extirper de la tombe de fortune dans laquelle son fiancé l’avait enterrée.

Untitled-4

Stacey Gwilliam et son fiancé Keith Hughes

Stacey Gwilliam de Swansea au Royaume-Uni sait malheureusement ce que veut dire lutter pour sa vie. Son amoureux avec qui elle avait des projets de mariage l’a étranglée puis croyant qu’elle était morte l’a enterrée dans un sentier pour dissimuler son crime, rapporte Wales Online.

«J’ai essayé de me lever, j’étais incapable, j’ai dû gratter la terre avec mes doigts. Il y avait des branches et des arbustes sur moi», a raconté l’Anglaise de 34 ans à Piers Morgan lors de Good Morning Britain.

Coma

Une fois sortie de la fosse, elle relate qu’elle entendait son cœur battre à tout rompre. Après avoir erré et marché, elle a finalement trouvé du secours.

Stacey Gwilliam a passé 26 jours à l’hôpital où elle a été placée dans le coma. Un an après les horribles événements, elle marche toujours avec une canne, a de la difficulté à parler et manger.

Quand la police a procédé à l’arrestation de son amoureux, Keith Hughes, un culturiste, ce dernier a déclaré: «Vous ne la trouverez jamais». Quand il a su que sa victime était en vie, il était secoué, toujours selon Wales Online.

Hughes a été sentencié à la prison à vie et sera admissible à une libération conditionnelle dans huit ans.

TVA Nouvelle

Tentative d’incendie d’une mosquée à Valence

Dans la nuit de samedi à dimanche, les locaux de la mosquée turque de Valence (Drôme) ont été victimes d’un début d’incendie criminel. Les images des caméras de vidéosurveillance montrent que deux hommes en train de provoquer l’incendie vers 3h du matin.

Capture d’écran 2016-07-24 à 19.29.53.png

Fort heureusement, personne n’était à l’intérieur de la mosquée à cette heure tardive de la nuit.

« Cette nuit notre association à été victime d’un incendie criminel de la part des lâches, l’incendie n’a causé que des dégâts matériaux, on remercie ALLAH. On voit par cela que cette association dérange une minorité mal intentionnée, par les actions et activités qu’elle mène. En aucun cas cela affectera notre unité et notre motivation, bien au contraire », écrit la mosquée dans une publication postée sur sa page Facebook.

L’Association Franco-Turque de Valence qui gère le lieu de culte appelle à un rassemblement devant la mosquée à 18h30 (50-52, rue Ferdinand de Lesseps).

D & M

Munich : L’extrême droite crie au complot

Capture d’écran 2016-07-24 à 14.38.11.png

Marine Le Pen a témoigné dans un tweet samedi de sa « solidarité » envers les victimes de la fusillade de Munich, certains frontistes pensant que l’auteur de celle-ci est un islamiste et non une personne fascinée par le tueur norvégien Anders Behring Breivik, comme l’a indiqué la police de la ville de Bavière.

D’autres frontistes ou proches du FN ont eux dénoncé samedi un silence voire un mensonge des médias et des autorités allemandes. « Munich, tristesse et deuil: Le silence sur les motivations est plus significatif que les motivations ! », a tweeté le député allié au FN du Gard Gilbert Collard samedi matin, avant la conférence de presse de la police allemande indiquant qu’elle voyait un lien entre l’auteur de la fusillade et le tueur norvégien de 2011, responsable de la mort de 77 personnes.

Le Figaro

Munich : le tueur s’est inspiré du terroriste Anders Breivik

L’auteur de la fusillade à Munich est un Germano-Iranien âgé de 18 ans, et inconnu des services de police. Identifié comme étant David Ali S., le jeune homme né à Munich fréquentait une école de la ville. Il a été blessé par un tir d’une patrouille de police puis s’est donné la mort. Dans son sac à dos, les enquêteurs ont retrouvé environ 300 munitions.

Lyon: Une cinquantaine de militants pro-palestiniens arrêtés pour des t-shirt « Boycott Israël »

Le Collectif Palestine 69 a annoncé l’arrestation d’une cinquantaine de ses membres ce vendredi soir alors qu’ils terminaient un pique-nique organisé sur les berges du Rhône, à hauteur du pont de la Guillotière. En fin de soirée, seul un militant n’avait pas été relâché. 

Le mobile de l’arrestation proviendrait du slogan de leur tee-shirt, appelant au boycott d’Israël. Une cinquantaine de membres du Collectif Palestine 69 ont été interpellés ce vendredi soir sur les berges du Rhône à hauteur du pont de la Guillotière. Le pique-nique auquel ils participaient avait pourtant été « autorisé par la préfecture », selon les termes de leur communiqué.

Tee-shirts « Boycott Israël »

Le tort des militants aurait été le port de tee-shirts siglés d’un « Boycott Apartheid Israël ». Un message jugé discriminant d’un point de vue économique par la législation française.

La cinquantaine de militants interpellés, selon les chiffres du collectif, a été conduite en car au commissariat Marius Berliet, dans le 8e arrondissement. En fin de soirée, un seul membre du collectif n’avait pas été relâché. Les charges ont été abandonnées contre tous les autres individus interpellés.

Dans une vidéo des interpellations, certains militants font part de leur mécontentement. Les restrictions concernant le droit de boycott sont régulièrement critiquées comme une entrave à la liberté d’expression.

Lyon Capitale

Un village Palestinien de 167 habitants pourrait être rasé par israël

Après neuf ans de bataille judiciaire, un village palestinien pourrait disparaître si la justice israélienne décidait d’en expulser les 167 habitants afin de sauvegarder, selon elle, un site archéologique.

Capture d’écran 2016-07-24 à 01.52.20.png

Les familles de Khirbet Zannouta vivent dans l’attente d’une décision de la Cour suprême israélienne, qui pourrait intervenir prochainement, sur le sort de leur petit village du sud de la Cisjordanie.

Ces paysans tentent de survivre dans des maisons construites de bric et de broc, faites de grosses pierres, tôle, pneus et terre battue, à côté d’abris pour les chèvres.

Ces habitations de fortune ont été construites à proximité des grottes et des caves où les nomades palestiniens troglodytes vivaient encore il y a quelques années.
L’Etat israélien réclame leur évacuation car, a-t-il fait valoir devant la justice, « Khirbet Zannouta est un site archéologique et la présence d’habitants peut avoir un impact sur le site; il faut donc qu’ils quittent les lieux ».

Le village se trouve dans la zone dite « C », les 60% de la Cisjordanie qui, depuis les Accords d’Oslo de 1993, sont placés sous occupation de l' »armée israélienne ».
Le commandement militaire israélien y décide donc de l’aménagement du territoire et délivre, au compte-gouttes, les permis de construire. Mais aussi les ordres de destruction.
Le dossier est ouvert depuis neuf ans. La justice a ordonné aux autorités israéliennes et aux représentants de la défense de négocier. Mais, faute d’accord, c’est à la Cour suprême de trancher.

– Dynamite et archéologie –

Rachad al-Tal, le chef du village âgé de 65 ans, est « né ici avant 1967 » et le début de l’occupation par Israël de la Cisjordanie. « Nous vivions dans une grotte et nous faisions sept kilomètres à pied pour aller à l’école à Dahriya », la ville la plus proche, raconte-t-il à l’AFP, alors que, derrière lui, sa fille bat du lait pour en faire du caillé.

« Dans les années 1970, nous avons commencé à nous construire des maisons et à accumuler les amendes que nous envoyait le commandement militaire » israélien, rapporte-t-il. « Nous avons présenté tous les actes de propriété de nos terres, et demandé des permis de construire. En 2007 nous avons obtenu un avis interdisant à l' »armée » de détruire toute construction en échange de quoi nous avions interdiction de construire quoi que ce soit de plus ».

« Ils ne veulent pas que nous améliorions nos conditions de vie, ils veulent que nous quittions nos terres pour les donner ensuite aux colons », dénonce Rachad al-Tal.
Le chef du village tend le doigt vers Mitarim, une zone industrielle dans une colonie à moins d’un kilomètre. Pour la construire, assure-t-il, « ils ont fait exploser la montagne à la dynamite ». « Qui peut prétendre se soucier d’archéologie et faire une chose pareille?« , fait-il mine de s’interroger.

Contactées par l’AFP, les autorités israéliennes ont refusé de faire des commentaires, indiquant que leur position avait été présentée devant la justice.

 

« Nous avons consulté des experts israéliens en archéologie qui ont affirmé que la présence d’habitants ne contrevenait pas à celle de vestiges historiques« , affirme Sharona Eliahu-Chai, avocate de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) qui défend les habitants de Khirbet Zannouta.

 

Le Parisien

Trump: Pointer l’islam du doigt et idéaliser le christianisme est une abjecte hypocrisie

Évoquant les nombreuses félicitations qu’il a reçues après le massacre d’Orlando pour avoir eu raison sur l’islamisme radical, Donald Trump a une nouvelle fois insisté sur le fait que ce qui a tué des gens au Pulse n’était pas un fusil d’assaut, mais l’islamisme radical, parce qu’au dernier étage de la Trump Tower, ça ne peut pas être les deux.

tumphate.jpg

Le monde de Donald Trump est en effet binaire. C’est tout l’un ou tout l’autre. Soit c’est un fusil d’assaut qui tue, soit l’islamisme radical, mais pas les deux. Dans ce monde, une seule religion peut être mauvaise et par conséquent, le christianisme c’est le bien et l’islam, c’est le mal. Le christianisme est pacifique et l’islam est violent. Le christianisme est tolérant et l’islam intolérant. Tous deux ne peuvent être que tout l’un ou tout l’autre, un schéma immuable et gravé dans le marbre en terme de comportements de leurs fidèles respectifs.

Cette vision du monde est partagée par des gens qui soutiennent Trump comme par d’autres, qui ne le soutiennent pas. En termes religieux, nous pourrions qualifier cette vision de «manichéenne», une vision binaire entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal. Mais il convient de se souvenir que ce terme a été à l’origine utilisé pour décrire une religion dont l’influence s’étendait de la Perse jusqu’à l’Afrique de l’Est et du Nord romaines au IIIe siècle après Jésus-Christ, une religion qui a fortement influencé les premiers chrétiens.

Si «manichéen» a aujourd’hui une connotation négative, c’est parce que le manichéisme a été considéré comme une hérésie par l’Église catholique, et qui devait donc être éradiquée du monde chrétien. Et de la manière la plus brutale qui soit: les adeptes de la vision manichéenne du christianisme virent tous leurs biens confisqués et furent mis à mort, même s’ils s’étaient convertis à la vraie foi chrétienne, pour peu qu’ils aient conservé des liens avec des manichéens. Même Saint-Augustin appela à des persécutions les plus énergiques à leur endroit.

Le christianisme, une religion d’amour?

La raison pour laquelle je vous parle des manichéens, c’est que je suis lasse d’entendre Bill Maher et Donald Trump expliquer que l’islam est intrinsèquement violent. Je suis plus lasse encore d’entendre affirmer que le christianisme est intrinsèquement pacifique. J’ai assisté maintes fois à ce genre de débat, et même lors d’une soirée où Laura Ingraham demandait aux autres participants de lever les mains s’ils pensaient que l’islam était une religion morbide. La plupart des convives (conservateurs sur le plan politique) levèrent les mains avant de m’expliquer en long en large et en travers comment, à l’inverse de l’islam, le christianisme était intrinsèquement une religion d’amour.

L’Église chrétienne s’est montrée impitoyable avec les personnes dont la foi déviait du canon religieux, torturant et immolant les hérétiques par le feu.

Si ces affaires ne sont que des perversions du christianisme, comme certains l’affirment, ou l’effet du hasard, alors pourquoi ne pas étendre ce mode de pensée jusqu’à la conquête du Proche-Orient par les musulmans ou, oserai-je la comparaison, à Daech? Il n’est pas possible d’un côté de s’appuyer sur des exemples historiques pour affirmer qu’une religion est intrinsèquement violente et balayer ensuite d’un revers de la main les exemples équivalents dans l’histoire du christianisme en affirmant qu’ils ne sont que l’exception qui confirme la règle.

Les Croisades sont, aujourd’hui encore, une plaie ouverte au sein du monde musulman, mais il est également facile d’oublier les massacres commis par les croisés contre les Juifs d’Europe. De manière répétée, en traversant l’Europe pour se rendre en Terre sainte, les croisés ont massacré les Juifs sur leur passage. Ils les réunissaient dans des synagogues avant d’y mettre le feu. Les croisés ont tué tant de Juifs au nom de la foi chrétienne que les Croisades ont porté le coup démographique le plus terrible à la communauté juive d’Europe avant l’Holocauste. Un Holocauste qui, rappelons-le gentiment au passage, s’est déroulé il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe chrétienne et civilisée.

Une histoire récente

Si vous ne croyez pas ce que je vous raconte sur la brutale répression des chrétiens manichéens, lisez donc ce passage qui lui est consacré dans l’encyclopédie catholique (une publication qui «chronique les accomplissements des artistes, éducateurs, poètes, scientifiques et hommes d’action catholiques dans leurs différentes provinces»). L’Église chrétienne s’est montrée impitoyable avec les personnes dont la foi déviait du canon religieux, torturant et immolant les hérétiques par le feu.

Lorsque Martin Luther eut l’idée d’afficher ses thèses sur la porte d’une église, donnant involontairement naissance à une nouvelle forme de christianisme, il en résulta des centaines d’années de guerre ouverte ou larvée entre chrétiens, chacun répandant sans compter le sang des autres en étant fermement convaincu d’être les plus fidèles à la parole du Christ. Il ne s’agit pas d’une histoire ancienne: les violences entre protestants et catholiques ont continué d’ensanglanter l’Irlande chrétienne jusqu’à la fin du XXe siècle.

«L’islam radical est anti-femme, anti-gay et anti-Américain, a déclaré Donald Trump le 13 juin dernier. Je refuse de laisser l’Amérique devenir un endroit où les gays, les chrétiens et les juifs sont la cible des persécutions et des intimidations de la part d’islamistes radicaux qui prêchent la haine et la violence.»

Trump tente ainsi de démontrer que les adeptes de l’islam radical (quels qu’ils soient) seraient si mal à l’aise face à ceux qui ne partagent pas leur foi qu’ils ne pourraient pas faire autrement que de se montrer violent contre eux. L’islam radical peut, en effet, ressembler à cela, et même davantage, mais le bilan du christianisme n’est pas meilleur.

Persécutions et intimidiation

Prenons par exemple l’inquiétude formulée par Trump de voir les juifs «devenir la cible de persécutions et d’intimidation». Voilà qui est fort émouvant, mais au cours des 2.000 dernières années, avant que des pays musulmans ne se mettent à expulser leurs populations juives en 1948 après l’occupation de la Palestine, les juifs ont été les cibles constantes de persécutions et intimidations –pour le dire gentiment– de la part des chrétiens.

Dans les pays musulmans, la vie quotidienne des juifs, qui faisaient certes face à de nombreuses restrictions, devaient porter des vêtements particuliers et faisaient face à des flambées sporadiques de violence, était bien moins sanglante que dans l’Occident chrétien civilisé. Il y a tant d’exemples que le pourrais mentionner –des chrétiens massacrant des juifs accusés d’être responsables de la peste; le fait que le mot ghetto vienne des quartiers fermés dans lesquels les juifs étaient contraints de vivre à Venise au Moyen-Âge; les pogroms durant lesquels l’Église Orthodoxe russe encourageait ses ouailles à massacrer les juifs incroyants.

Je pourrais vous parler des phénomènes modernes, comme ce troll pro Trump, qui me désigne régulièrement comme «assassin du Christ»

Et si, à votre goût, nous remontons un peu trop loin dans l’histoire, pensez donc au mois de juillet 1988, millénaire de la conversion de la Russie: Moscou bruissait de rumeurs évoquant la possibilité d’un pogrom pour célébrer l’avènement du christianisme en Russie et que la police donnait les adresses des Juifs. (C’est cette année-là que ma famille a décidé de fuir la Sainte Russie.)

Et si Trump s’inquiète de voir les Juifs victimes de persécutions de la part de «prêcheurs islamistes radicaux», ce n’est pas des musulmans radicaux que j’ai peur aux États-Unis, en tant que juive. Certes, le monde musulman peut déborder de haine et d’antisémitisme, mais la haine et l’antisémitisme que je subis quotidiennement ne vient pas des musulmans. Ils viennent des supporters blancs et chrétiens de Trump.

Je souhaiterais donc plutôt le voir se préoccuper de la persécution de journalistes juifs par ses propres soutiens, dont certains mélangent sans complexes les symboles chrétiens, les références au white power et des menaces violentes dans leurs communications. Mais Trump ne règle pas ce problème, et ne les désavoue certainement pas. Il a même affirmé n’avoir «aucun message» à leur adresser. Il ne s’intéresse qu’aux musulmans radicaux.

Regarder Trump et la droite chrétienne montrer du doigt l’homophobie de l’Islam est proprement renversant. Si une communauté de ce pays a démontré son opposition aux gays, c’est bien celle des chrétiens conservateurs qui, depuis des décennies, diffusent leur haine des gays.

L’appel à la haine

Un pasteur chrétien que l’on a beaucoup vu aux côtés de Bobby Jindal, Mike Huckabee et Ted Cruz a ainsi déclaré récemment que, selon la Bible, les homosexuels «méritent la peine capitale».

Et pourtant, juste après le massacre d’Orlando, certains Chrétiens ont pris soin de nous dire ce qu’ils pensaient de ces gays tués au Pulse. Un prêcheur chrétien a ainsi posté un sermon vidéo dans lequel il s’est réjoui du massacre d’Orlando en déclarant notamment que «la bonne nouvelle, ce que l’on compte désormais 50 pédophiles de moins dans ce monde car, vous savez, ces homosexuels sont une bande de pervers abjects et de pédophiles».

Nous avons également eu droit aux très ardents American Christians qui tracent un lien explicite entre christianisme et armes à feu, qui s’achètent des armes sans compter tout en vouant une immense admiration aux belliqueux sarrasins. Dans les faits, la violence et l’intolérance dont les chrétiens conservateurs font preuve, non seulement à l’égard des éléments les plus radicaux, mais à l’encontre de tous les adeptes d’une religion, ressemble aussi étrangement que fortement au type de violence et d’intolérance dont ils accusent les Musulmans de faire preuve.

Mi-juin, nous avons «fêté» le triste anniversaire du massacre commis par Dylann Roof, qui massacrait neuf personnes au milieu d’un cours d’étude de la Bible à Charleston, en Caroline du Sud. Avant qu’il ne commette son crime, il avait rédigé un manifeste déclarant son allégeance à la cause des suprémacistes blancs et désigné le Council of Conservative Citizens, qui affirme adhérer aux «valeurs et croyances chrétiennes» comme une source majeure d’inspiration et d’information. Selon certains, Roof venait d’une famille qui se rendait régulièrement à l’Église et se rendait dans des camps d’été chrétiens. Roof a-t-il tué ses coreligionnaires parce qu’il était dérangé ou parce que le Christianisme est violent?

 

Un peu de nuance!

Aucune religion n’est intrinsèquement violente. Aucune religion n’est intrinsèquement pacifique. Les religions, toutes les religions, sont avant tout une question d’interprétation et c’est souvent de cette interprétation que peut naitre la beauté ou la laideur – ou, le plus souvent, pour peu que nous soyons assez mûrs pour émettre des pensées nuancées, quelque chose entre les deux?

Slate

#AttentatNice : The Sun trouve inapproprié qu’une présentatrice voilée soit devant la caméra

Le tabloïde britannique The Sun s’est interrogé sur la présence à l’écran d’une présentatrice portant un hijab pour parler de l’attentat de Nice sur Channel 4.

36620EE700000578-3695416-image-a-20_1468842474497.jpg

Dans un article accompagné d’un tweet, le journaliste de l’édition Kelvin MacKenzie a demandé aux lecteurs s’ils trouvaient approprié « qu’une femme voilée soit devant la caméra alors qu’un autre massacre était commis par un musulman« . Selon lui, un tel choix revient à « confier la couverture du conflit israélo-palestinien à un juif orthodoxe ».

Les propos du journaliste ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, dont de nombreux utilisateurs les ont qualifiés d' »honteux », « haineux » ou « xénophobes ». Face à l’indignation des internautes, The Sun a finalement supprimé le tweet promouvant l’article controversé.

La présentatrice voilée s’appelle Fatima Manji. Elle travaille pour Channel 4 depuis quatre ans et apparaît régulièrement lors des bulletins d’information.

La chaîne d’information a de son côté réagi en estimant que les propos de Kevin MacKenzie « relevaient de l’incitation à la haine religieuse ».

Sputnik News

Une européenne convertie à l’islam et sa fillette menacées de mort par des automobilistes

Après l’attentat de Nice, certaines haines ont ressurgi. Une Saint-Quentinoise d’origine européenne, convertie à l’islam et voilée, en fait l’amère expérience.

1131882911_B979263822Z.1_20160721164449_000_GDE78PROD.3-0

Deux balades à vélo ont tourné court pour cette jeune mère de famille. Elle s’est convertie à l’islam il y a huit ans et porte le voile. Samedi 16 juillet, alors que la Saint-Quentinoise et sa fille de 18 mois arrivent sur le parvis de la gare et attendent de traverser au passage piéton, une voiture s’arrête sur ledit passage. «  Il y avait deux hommes à l’intérieur qui m’ont regardé très méchamment  », déplore la jeune femme qui préfère rester anonyme. «  Dès que je sors, au minimum, on me regarde de travers… Il y a eu les attentats de Paris. Maintenant l’attentat de Nice…  »

Le lendemain, dimanche 17 juillet, la jeune mère est avec son autre fille. Elles viennent de traverser le parc d’Isle, toujours à vélo. À Rouvroy, une voiture s’arrête. Deux hommes pointent leurs doigts en simulant un pistolet. Ils crient «  Pan  ». Une fois vers la mère, une autre vers la fille. « Quand c’est comme ça, on pense au pire. Je fais en sorte que mes filles ne voient pas ce qui se passe… Comme lorsque je me fais insulter sur le chemin de l’école et que je chatouille ma fille pour qu’elle ne se rende compte de rien.  »

La jeune femme de 25 ans sort systématiquement voilée. Un choix qu’elle a fait quelques années après sa conversion en 2008. Installée sur son canapé, dans l’appartement d’un quartier populaire de Saint-Quentin, elle explique sans complexe. « Je ne me suis pas convertie pour faire plaisir à mon mari. Il ne m’a jamais demandé de porter le voile. C’est un choix  », assure-t-elle. La Saint-Quentinoise a rencontré son mari, maghrébin d’origine, quand elle avait 17 ans. «  Il parlait beaucoup de religion avec ses amis. J’ai voulu connaître la religion de l’homme avec qui j’étais. » Elle s’est convertie. Son mari en est le dernier averti. «  Dans l’islam, tel que je le vois et tel qu’il est, j’ai trouvé des valeurs de calme et de paix. J’étais en guerre avec moi-même à cette époque. Ça m’a apporté une paix intérieure et une autre vision du monde.»

Suite à l’attentat de Nice, une nouvelle ambiance pesante s’est installée. «  Nous vivons la double peine. Je suis écœurée de tout ce qui se passe. Autour de moi, il n’y a pas un musulman qui s’en réjouit. Et, dans la rue, nous devons marcher la tête baissée comme si nous étions coupables. »

Pourtant la Saint-Quentinoise ne veut pas se victimiser. «  J’ai l’impression que pour les femmes voilées d’origine européenne, c’est encore pire. Les converties font encore plus peur. » Pour elle, beaucoup de malentendus viennent de la méconnaissance : «  Ce serait mieux de venir discuter plutôt que de lancer des regards méchants. »

Sur la plage, mardi midi, un témoin a entendu les commentaires désobligeants allant bon train sur la femme voilée avec ses enfants qui ne faisaient que se promener. Sur cette même plage, une des filles a reçu un gâteau de la part d’une passante. «  Ça m’a fait tellement plaisir. Ce n’est qu’un petit geste, je ne compte plus moi-même tous les gâteaux que j’ai donné à des enfants mais là, ça m’a vraiment fait chaud au cœur

L’Union

Une quinquagénaire voilée dépose son sac dans une parfumerie, le centre commercial évacué

L’histoire est évidemment à lire dans le contexte d’inquiétude et de vigilance qui règne en France depuis quelques jours et quelques mois… Ce jeudi, le centre commercial Carrefour d’Auchy-les-Mines a été complètement évacué pour une fausse alerte, à cause d’un faux colis suspect. Les démineurs ont été appelés, la police s’est rendu sur place, des personnes ont été entendues au commissariat. 

sans_titre_3_1

A l’origine, un malentendu. Une femme voilée, âgée d’une cinquantaine d’années selon La Voix du Nord, fait ses courses dans la galerie marchande, puis entre dans une parfumerie Nocibé. Un commerce qu’elle fréquente régulièrementElle demande à une vendeuse si elle peut déposer son sac de courses près de la caisse. La vendeuse, qui ne connaît pas cette cliente habituée, accepte. Mais elle pense que c’est juste le temps de faire ses courses… dans Nocibé. En fait, la quinquagénaire, elle, part tranquillement faire ses courses à Carrefour.

Du coup, le temps paraît bien long à la vendeuse qui, ne voyant pas revenir la cliente, finit par trouver le sac suspect. elle appelle les agents de sécurité qui préviennent la police, qui alerte les démineurs.

Le quiproquo entraîne l’évacuation du centre commercial. Heureusement, rapidement, en entendant un appel au micro, la cliente se manifeste auprès des policiers et leur indique que le sac lui appartient. Il ne contient que des vêtements et des chaussures. Fausse alerte. La venue des démineurs est annulée, les clients peuvent retourner dans le magasin.

La cliente quinquagénaire, originaire de Douvrin, est gênée et désolée de ce qui s’est passé. Elle est quand même emmenée au commissariat pour être entendue. Les policiers ont pu vérifier qu’il n’y avait bien aucune intention malveillante. Les vendeuses de Nocibé ont également été auditionnées. L’affaire de la fausse alerte d’Auchy-les-Mines en reste là…

France 3

Agressions sexuelles: le président de Fox News contraint de démissionner avec une prime de 40 millions de $

Le co-fondateur et directeur de Fox News Roger Ailes a dû démissionner face à des accusations d’agression sexuelle sur des journalistes de la chaîne. Le vice-président actuel de la chaîne Rupert Murdoch prendra la place laissée vacante.

57920655c46188573b8b4592

La démission de Roger Ailes, déposée le 21 juillet, fait suite à des accusations formulées par l’ancienne présentatrice de Fox News Gretchen Carlson, ainsi que par d’autres employées. Rupert Murdoch, président exécutif de la 21st Century Fox, deviendra le président-directeur général de Fox News à la suite de cette démission.

Gretchen Carlson a porté plainte contre Fox News, affirmant qu’elle avait été licenciée pour avoir refusé de coucher avec Roger Ailes, en qualifiant en sus l’environnement de travail de discriminatoire. Au moins six autres femmes ont aussi accusé leur supérieur d’avoir eu un comportement similaire au cours de sa longue carrière.

«Toi et moi aurions dû avoir une relation sexuelle il y a bien longtemps, et tu aurais été bonne et meilleure, et j’aurai été bon et meilleur. […] Parfois les problèmes sont plus faciles à régler ainsi», aurait déclaré Roger Ailes à Gretchen Carlson, selon la plainte déposée par celle-ci. La présentatrice a été par la suite rétrogradée dans une émission moins regardée, a vu son salaire réduit, avant d’être finalement licenciée.

L’homme de 76 ans a démenti les accusations, mais la 21st Century Fox a néanmoins décidé, après avoir étudié les faits, que Roger Ailes ne pouvait être maintenu à son poste, moyennant une prime de départ de 40 millions de dollars. 

RT