«Vous n’avez pas le droit de vivre, vous devriez être morts» un couple homo lynché en Pologne

Hubert et Daniel sont Polonais. Ils vivent à Cracovie et sont en couple depuis 2015. Mais être homosexuel en Pologne n’est pas socialement accepté. Surtout sous le gouvernement de Pis, parti d’extrême droite, proche de l’Eglise.

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Dans cette ville multiculturelle qu’est Cracovie, un incident a marqué les Polonais. Au point de d’éveiller une vague de médiatisation et de débats qui a ravivé les opinions progressistes ou conservatrices des citoyens. Il s’agit d’un lynchage. Physique et verbal. Le genre d’agression qui montre avec violence que le mariage n’est vraiment pas pour tous en Europe.

Le soir du 3 octobre 2015, Hubert et Daniel rentrent d’une pendaison crémaillère à côté de la rue Florienska. Ils ne sont qu’à trente mètres de chez eux quand Hubert décide d’acheter des cigarettes. Il se rend dans une boutique de nuit en face de leur domicile. Rien ne laissait présager que l’un des jeunes hommes finirait le visage tuméfié, avec un nez cassé. Pendant que son compagnon fait sa course, Daniel fume tranquillement une cigarette dehors. Comme le vendeur n’a pas de monnaie, Hubert sort en chercher auprès de Daniel. Il s’adresse alors affectueusement à lui, « mon cher, est-ce que tu as de la monnaie? »

 « Vous devriez être morts »

Dans la foulée, le couple a seulement eu le temps de traverser la rue lorsque les insultes pleuvent de plus belle. Daniel ne comprend pas cette escalade de violence, « quand j’ai tourné la tête, j’ai immédiatement reçu le premier coup dans le visage. Nous avions juste à traverser la rue pour être à la maison, en sécurité ». Son compagnon, en colère poursuit, « celui qui a demandé si on aimaient s’enculer a commencé à tabasser Daniel ! ». La haine des inconnus explose, « vous n’avez pas le droit de vivre ni d’exister ! Vous devriez être morts ! ».

La police n’étant pas présente sur les lieux de l’agression, Daniel a rappelé les forces de l’ordre et une opératrice leur a recommandé d’aller au commissariat. Surprise, arrivé là-bas, le blessé tombe sur un lieu fantomatique, désert, sans personne pour l’accueillir.

N’ayant aucune lumière, il appuye sur un interrupteur  pensant appeler un policier, mais il tellement sonné par les événements, qu’il ne parvient qu’à activer la lumière. En attendant qu’un officier vienne, pour patienter, il a filmé les lieux puis est allé fumer une cigarette dehors. Il a pu finalement faire sa déposition. Ses assaillants ont été arrêtés le 10 décembre et encourent jusqu’à trois ans de prison pour coups et blessures. L’homophobie ne constitue pas un facteur aggravant dans le code pénal polonais.

Bondy Blog Libe

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