Néonazis : un Marseillais dans le viseur
Mis en examen par la justice, qui a saisi des armes, l’homme de 35 ans est soupçonné de diriger « un groupe de combat »

Comme un coup de pied dans la fourmilière. Après plusieurs semaines d’investigations, les gendarmes de la Section de recherches de Marseille ont procédé, fin mars, à un coup de filet dans les milieux néonazis en interpellant 11 « crânes rasés » dans cinq régions de France, dont la cité phocéenne.
Au coeur de l’enquête, une équipe de nostalgiques du IIIè Reich férus de bodybuilding, de sports extrêmes et de « ratonnades ». Bilan des perquisitions ? Un arsenal inquiétant : 11 armes d’épaule, deux revolvers gomme-cogne, 28 armes blanches, des gilets pare-balles, des casques lourds et plusieurs objets ou drapeaux nazis… Trois des hommes appréhendés ont, depuis, été mis en examen pour « association de malfaiteurs, acquisition, détention et cession d’armes en bande organisée et participation à un groupe de combat« . Après leur garde à vue, tous ont été placés sous contrôle judiciaire.
Dans le lot des trois meneurs présumés (avec David Dumas et Pierre Scarano), celui que les enquêteurs considèrent comme « le leader« est pourtant loin d’être un inconnu. Marseillais de 35 ans au physique de colosse, Loïc Delboy est présenté comme le responsable national de « Blood and Honour ». Une organisation réputée pour ses accointances avec les milieux d’extrême droite européens les plus virulents et tournée vers l’organisation de concerts RAC (Rock Against Communism, appellation du rock néonazi).
Un goût pour la baston peu surprenant dans le cas de Loïc Delboy : jusqu’à peu portier à l’entrée d’une discothèque du 8e, l’individu ne fait guère mystère de ses penchants violemment xénophobes. Ainsi, en 2010, sur sa page Facebook, il annonçait fièrement : « Ce soir chasse à l’arabe. On va casser du bougnoul... »Quelques jours plus tôt, le même lançait un défi à ses contacts : « Qui éclatera le premier un mec en 2010 ? Le défi est lancé… En 2009.