Orlando d’origine italienne, perquisitionné car converti à l’islam

Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs perquisitions administratives ont été menées dans l’Avesnois, notamment à Aulnoye-Aymeries, Avesnes-sur-Helpe ou Avesnelles. Dans cette paisible bourgade, les gendarmes ont débarqué à 4 h du matin au domicile d’Orlando Sodoyer.
« Il y avait des militaires en cagoule qui ont toqué à ma porte, raconte Orlando. Lorsque j’ai demandé ce qu’ils voulaient, ils m’ont dit, vous savez très bien. Là, j’ai compris que c’était lié à ma religion. » Car depuis deux ans, ce père de famille d’origine italienne, s’est converti à l’Islam.
Deux heures de recherche
Même s’il est resté discret sur cet aspect de sa vie privée, les rumeurs ont commencé à circuler dans le petit monde d’Avesnelles. « Les gens ont des craintes vis-à-vis de cette religion, avec l’état d’urgence, j’étais sûr que les gendarmes finiraient par débarquer chez moi. » La perquisition a été méthodique. Chaque recoin de la maison a été fouillé. « Même le grenier. Pendant ce temps, mes deux garçons étaient surveillés par les gendarmes », poursuit Orlando.
« Ils nous ont dit que tout allait bien se passer », explique son fils Benjamin. La perquisition va durer deux heures durant lesquelles les autorités vont prendre des photos du Coran d’Orlando, d’autres livres liés à l’Islam et même un DVD. Le contenu du disque dur de l’ordinateur sera inspecté. « Ils ont même relié nos smartphones à leurs appareils pour voir le contenu. Et puis ils sont repartis »
« Je trouve ça dingue »
Orlando Sodoyer est encore sonné par cette visite nocturne. Et aujourd’hui, l’homme l’assure, il se sent discriminé. « C’est fou, je trouve ça dingue. On nous dit de ne pas faire l’amalgame mais on vient chez moi parce que mon seul tort c’est d’être converti à l’Islam. »
Aurait-il pu laisser apparaître des signes de radicalisation ? Orlando manque de s’étrangler lorsqu’on lui pose la question : « je m’en tiens aux cinq piliers de l’Islam, c’est tout ». Avant d’indiquer l’endroit où il se trouvait le 13 novembre : « au stade de France pour le match, avec mes enfants. Si les terroristes avaient réussi à entrer, j’aurai été une victime.Mais je suis passé du statut de victime à celui de suspect. Je lis le lendemain dans la presse que je pourrais être radicalisé. »
Les proches d’Orlando lui ont envoyé des messages de soutien. « Maintenant j’ai peur de la réaction des gens, j’ai envie de parler à mes voisins. Mais je ne sais même pas quoi leur dire… »