Le site Airbnb propose des dizaines de logements dans des colonies juives en Cisjordanie. Des représentants palestiniens dénoncent une pratique « illégale » et menacent d’attaquer l’entreprise américaine en justice.

Vanessa propose de louer sa maison située dans la colonie israélienne « Neve Daniel », au sud-est de Jérusalem. Comme elle, de nombreux habitants des colonies juives en Cisjordanie proposent de louer leurs biens immobiliers sur le site de location entre particuliers Airbnb.
Sur la plateforme de locations entre particuliers Airbnb, des dizaines de résidences situées dans des colonies juives en Cisjordanie sont dites localisées en « Israël » alors qu’elles se trouvent en réalité au délà des frontières de l’État hébreu. Si les utilisateurs du site sont libres de sélectionner la position géographique de leurs biens immobiliers, Airbnb a le pouvoir de modifier ces informations.
Au-delà du symbole, les annonces proposées par Airbnb posent la question de savoir si l’entreprise a le droit, d’un point de vue juridique, de tirer financièrement profit de ces offres alors que la communauté internationale considère ces colonies comme illégales.
Un cadre juridique aux contours flous
Husam Zomlot, ambassadeur honoraire de l’Autorité palestinienne, accuse Airbnb de « profiter illégalement de l’occupation » et menace de poursuivre le site américain en justice, selon l’AFP.
Face à la polémique, Airbnb se montre prudent mais le porte-parole de l’entreprise, Nick Papas, a fait savoir que le site « respectait la législation » et allait « enquêter sur les questions soulevées par certaines inscriptions », rapporte le quotidien britannique The Guardian.