Une journaliste belge agressée sexuellement lors d’un direct au carnaval de Cologne

Une présentatrice de la RTBF a subi des gestes déplacés et des chuchotements à l’oreille de la part de jeunes qui se trouvaient autour d’elle, alors qu’elle faisait un direct depuis le carnaval de Cologne pour expliquer que tout s’y passait «bien».
Esmeralda Labye, la journaliste belge raconte : «Au début, ils faisaient juste des grimaces derrière moi. Puis j’ai senti une main se poser sur ma poitrine. Je suis choquée.» La chaîne de télévision belge a annoncé avoir déposé plainte auprès de la police de Cologne.
Par ailleurs la maire de la ville a présenté ses excuses à la chaîne, selon les médias belges. RTBF précise aussi avoir décidé de «limiter la diffusion des images de ces comportements dégradants» vis-à-vis de la journaliste concernée. Les agresseurs, visibles sur la vidéo, n’ont pas le profil de demandeurs d’asile, il semblerait qu’il s’agit d’une mauvaise blague faite par des jeunes hommes alcoolisés.
Vidéo complète
Témoignage de la journaliste agressée sexuellement au carnaval de Cologne

Les titres terminés, nous restons évidemment devant la caméra et attendons notre tour. Quatorze longues minutes au cours desquelles, les fêtards ont tout le loisir de venir nous interpeller, faire coucou à la caméra, jeter des confettis.
Lorsque je débute mon intervention à 13h14, deux ou trois hommes monopolisent l’attention. Je ne les vois pas puisque je me concentre sur mon direct. Je reçois alors un baiser dans le cou. Le jour des femmes à Cologne, ce sont elles qui embrassent les hommes. Dans le contexte, ce geste ne me heurte pas. Je continue donc mon intervention. Presque immédiatement, un jeune Allemand vient chanter dans mon oreille : « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?« . Puis, je sens deux mains se poser sur mes épaules. Je perçois que la personne derrière moi mime un geste obscène, une pratique sexuelle qui n’a pas raison d’être devant une caméra. Je vois clairement sur ma gauche qu’un homme fait un doigt d’honneur à la caméra. Plusieurs fois même.
Le duplex n’a duré qu’une minute et trente secondes. La pratique veut que nous restions encore quelques secondes sans parler face à la caméra pour que, sur antenne, le présentateur ait le temps de nous remercier et de reprendre le cours du journal.
C’est à ce moment précis que l’un des trois hommes qui m’entouraient vient toucher ma poitrine. À ce moment précis, je perds mon calme. Sachant le direct terminé, je me retourne et leur dis, en anglais : « Vous faites ça une fois, pas deux ! Vous ne me touchez pas, vous ne me touchez pas« . Les trois imbibés ne semblent pas comprendre pourquoi je m’énerve, mais ils quittent les lieux sans un mot.