Attentat à Ouagadougou : la France critiquée après la mort de Leila Alaoui
La mort de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui met les autorités françaises dans l’embarras. La jeune femme de 33 ans est décédée d’un arrêt cardiaque lundi soir dans la clinique de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où elle avait été transportée après avoir été blessée lors de l’attaque djihadiste menée vendredi soir contre un hôtel et un café, qui a fait 30 morts. Elle se trouvait, avec son chauffeur, Mahamadi Ouédraogo, qui a été tué, à bord d’une voiture prise pour cible par les assaillants.

Amnesty International, pour laquelle Leïla Alaoui était en reportage à Ouagadougou, a expliqué que l’aggravation de son état de santé n’avait pas permis son évacuation. Des critiques ont toutefois été émises par des proches de la photographe sur la manière dont la France avait réagi après l’attentat.
«Les autorités françaises ne se sont manifestées que le lundi vers 14 heures ou 15 heures pour la voir à l’hôpital» alors que «j’avais appelé personnellement le consul dimanche matin», a déclaré son frère Soulaymane, interrogé depuis Ouagadougou par l’AFP. Il a souligné avoir été accueilli à l’aéroport burkinabé par des représentants de l’ambassade du Maroc, qui «étaient les seuls à être là». Egalement contactée, la mère de la photographe, qui s’était émue de l’attitude des autorités françaises alors que sa fille était hospitalisée, n’a pas souhaité faire de commentaire.
La dépouille de cette photographe de 33 ans reconnue dans son milieu professionnel sera rapatriée au Maroc aux frais du royaume, a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Rabat. Leïla Alaoui sera ensuite enterrée à Marrakech (sud), probablement mercredi, selon ses proches.