David invente sa propre « agression homophobe »

À la barre du tribunal correctionnel, David* dit ne plus se souvenir de sa soirée du 12 mars 2014 à Rouen. « J’étais éméché ce soir-là. Black-out total ». Pourtant, le trentenaire affirme avoir été agressé, vers 1 h 30, par trois personnes qui lui auraient dérobé sa carte bancaire et son téléphone portable.
Il a été jugé devant le tribunal pour « dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ». Autrement dit, le prévenu aurait inventé aux policiers cette agression. Interrogé par ces derniers, David leur soutient qu’il a quitté le bar La Réserve à 1 h 30, et qu’ensuite il aurait subi des violences.
Celui qui déclare ne plus se souvenir de sa soirée, a pourtant donné des précisions aux policiers… « Vous auriez été, selon vos déclarations, victime de propos homophobes », souligne la présidente. Il aurait été insulté à la sortie du bar.
« C’est une dénonciation mensongère : selon le certificat médical délivré par le Casa, n’y a pas eu de violences, seules des traces d’abrasion ont été relevées, commente le substitut du procureur de la République.
Elle a requis deux mois de prison avec sursis. L’avocat de la défense a plaidé la relaxe de son client : « Il a pu être victime de violences à la sortie du club gay à Rouen, après 3 h 30 du matin. Nous n’avons pas de certitude là-dessus, car il ne se souvient plus à quel moment il a agressé ». Après le bar, le trentenaire confirme avoir été dans le club gay.
Le tribunal correctionnel l’a condamné à soixante jours-amendes.