Articles par FDEBRANCHE

Lonlay-l’Abbaye: le maire reçoit 50.000€ d’Arabie saoudite pour aménager l’ancien presbytère

Le maire de Lonlay-l’Abbaye a décroché le soutien d’une fondation saoudienne pour aménager l’ancien presbytère de la commune.

ce-maire-obtient-50-000-eu-darabie-saoudite

Christian Derouet n’a pas de pétrole mais déborde d’énergie. Le maire de Lonlay-l’Abbaye (1 170 habitants) vient d’obtenir une aide de 50 050 € de la fondation saoudienne Wafi pour l’aménagement de l’ancien presbytère de la commune ! Pas du genre à avoir les deux pieds dans le même sabot, cet ancien commercial d’une coopérative agricole et d’une compagnie d’assurances a signé cet étonnant tour de force « à la suite de contacts noués en tant qu’élu lors des divers colloques auquel j’ai participé à Paris. J’ai appris que des pays comme le Qatar ou l’Arabie saoudite était soucieux de soigner leur image en attribuant certaines aides

Ouest France

Pendant le carnage du Bataclan, le GIGN était prés de la salle mais il n’est pas intervenu

Dans une lettre anonyme, des gendarmes reprochent au colonel Bonneau la non-intervention du GIGN au Bataclan le 13 novembre. La force d’élite avait en fait reçu l’ordre de rester en réserve dans l’éventualité d’autres attentats.

 

Un « chef incompétent », « pas à la hauteur », « incapable de fédérer les 380 militaires qu’il commande ». La charge est lourde. Elle vise nommément le colonel Hubert Bonneau, le patron du GIGN, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Dans un courrier que s’est procuré le Canard Enchaîné, des egendarmes anonymes l’attaquent sans concession sur sa gestion des attentats du 13 novembre.

Ce soir-là, la force d’élite de la gendarmerie n’est pas intervenue au Bataclan. Elle est restée stationnée à moins de deux kilomètres de la salle de spectacle. « Nous n’avons jamais connu pire commandement que l’actuel. Il ne fait preuve d’aucune initiative. On n’avait pas besoin d’attendre les ordres de Beauvau pour intervenir », écrivent-ils, se disant « scandalisés » et « traumatisés ».  

« Une discipline collective »

Au Bataclan, c’est la BRI qui est intervenue dès 22h20, épaulée par le Raid présent sur place à l’initiative de son patron, Jean-Michel Fauvergue. Les unités d’élite des forces de l’ordre se repartissent en effet géographiquement les théâtres d’opération: Paris correspond à la zone d’intervention de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), le Raid couvrant la banlieue et les zones urbaines de province et le GIGN les zones rurales.

Le 13 novembre, le colonel Hubert Bonneau est « mis en alerte à 22h26 » et reçoit de la direction des opérations et de d’emploi de la gendarmerie « l’ordre d’engagement » à 22h40. Les gendarmes du GIGN quittent leur base de Satory à Versailles et arrivent à Paris entre 23h20 et 23h40.

« J’ai reçu l’ordre de me rendre à la caserne des Célestins (siège de l’état-major de la garde républicaine à Paris, NDLR). Dans une configuration aussi confuse, une discipline collective s’impose. Aussi, j’attends des ordres précis sur mon engagement.

Lorsque j’arrive à la caserne des Célestins, je ne dispose d’aucune information », a expliqué le colonel Bonneau à la commission d’enquête parlementaire sur les attentats. Les ordres viennent du cabinet du ministre de l’Intérieur. Comme il l’explique aux députés, ce soir-là, il n’a réussi à joindre ni le patron de la BRI Christophe Molmy, ni le préfet de police de Paris, Michel Cadot.

L’Express

Australie: «L’inceste m’excite tellement» un père viole son bébé de 10 mois avec son amant

Les deux hommes, âgés de 50 ans, ont été arrêtés dans l’Etat de Victoria après avoir abusé sexuellement de la petite fille et pris des photos d’elle nue pendant environ trois heures en avril 2015. Le bébé était sous la garde des deux hommes lorsque la mère de l’enfant suivait une formation professionnelle en ville pour quelques heures.

36018E3100000578-0-image-a-2_1467819220532

Le père qui a violé son bébé avec son amant menotté 

La police affirme que le petit ami du père du bébé avait eu une conversation skype avec l’un de ses collègues deux jours après le viol au cours de laquelle il avait déclaré : «Sa mère était sortie un moment. Nous n’avons pas eu le temps de faire tout ce que nous voulions malheureusement.» 

Lors d’une discussion précédant l’agression du bébé, il aurait affirmé : «[Le père] et moi auront du temps avec elle. L’inceste m’excite tellement.»

Au cours d’une descente de police dans la maison du couple à Melbourne, la police aurait trouvé de nombreux documents pédopornographiques sur leurs ordinateurs.

L’un des deux hommes fait face à sept chefs d’accusation dont celui d’avoir eu des relations sexuelles avec un enfant de moins de 10 ans et d’avoir utilisé un enfant pour la production de matériel pédopornographique. L’autre homme est poursuivi pour ces mêmes chefs d’accusation, ainsi que pour incitation au viol de l’enfant et diffusion de matériel pédopornographique.

L’inspecteur Peter Yeomans, en charge de l’enquête qu’il a qualifié de «répugnante», a assuré que l’enfant était pris en charge et soigné.

Procès de François Lefort, prêtre français condamné pour viols sur de jeunes Sénégalais

François Lefort, ce prêtre et médecin des enfants de la rue que la justice française a condamné, en 2005, à huit ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, n’en démord pas : il se dit innocent des crimes qui lui ont été reprochés à l’époque par de jeunes Sénégalais et vient d’engager une demande de révision de son procès devant la Cour de cassation. 

sipa_ap20300055_000003-592x296-1468224492

En guise d’éléments nouveaux, il produit les rétractations de trois de ses six accusateurs. Problème : l’une d’entre elles est un faux grossier – l’intéressé, incarcéré à Thiès, ne pouvait témoigner à Dakar à cette date, et le numéro de sa carte d’identité est fantaisiste.

Rétractation forcée ?

Une seconde victime, qui a apparemment accepté de revenir sur ses accusations, avait quant à elle dénoncé deux ans plus tôt, devant huissier, les tentatives répétées de l’entourage de Lefort pour obtenir une rétractation contre rémunération.

Jeune Afrique

A Lyon, catholiques et protestants soutiennent l’Institut de Civilisation musulmane

Kamel Kabtane, président de l’IFCM s’est rendu aujourd’hui au conseil de Lyon Métropole afin d’obtenir une subvention supplémentaire pour couvrir les 6,5 millions d’euros que doit coûter le projet de construction des 2 400 m² du futur Institut Français de Civilisation musulmane .

ifcm1-660x330.jpg

Un refus, du Front de gauche au Front national

«Nous ne pouvons considérer que viennent s’immiscer de manière significative des États étrangers par le biais du financement de l’IFCM», a-t-il expliquer. «Quand allons-nous cesser d’accepter que l’Algérie ou des pays du Golfe viennent ici tisser leurs réseaux à l’ombre de nos mosquées ? Quand allons-nous ouvrir les yeux ? C’est la France et ils n’ont rien à faire ici !» a-t-il clamé au congrès national des Républicains le 2 juillet 2016.

Christophe Boudot, conseiller municipal lyonnais du Front national, met en avant le même argument des financements étrangers.

Du côté du Parti de Gauche, l’opposition à ce financement serait dû à une «atteinte à la laïcité», fustigeant une «politique politicienne» de la Ville de Lyon qui ne chercherait qu’à «acheter la paix sociale», refusant de s’attaquer «aux questions de fond» alors que la priorité serait de développer «des projets culturels et sociaux».

 

«La mosquée de Lyon a été financé à 80 % par les Saoudiens, ce n’est pas pour ça qu’on est devenu salafiste ou wahhabites», lance Kamel Kebtane, recteur de la fameuse mosquée. En aucune façon, ils ne se sont ingérés dans nos affaires. La Turquie a aussi participé à la mosquée de Lyon», affirme-t-il, niant toute influence idéologique.

«Comme si les édifices culturels musulmans étaient les seuls à pouvoir en bénéficier»

«Les financements qui viennent de l’étranger semblent inquiéter de façon démesurée certains hommes politiques comme si les édifices culturels musulmans étaient les seuls à pouvoir en bénéficier», a pour sa part écrit Azzedine Gaci, imam de la mosquée Othmane de Villeurbane.

Etienne Tissot, président du Conseil de Consistoire de l’Eglise Protestante Unie et le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon ont de leur côté signé un appel commun en faveur de l’IFCM. «De même qu’existent aujourd’hui l’ECCLY (Espace culturel du christianisme à Lyon) et l’Espace Hillel (consacré à la culture juive) lancés avec le soutien du Grand Lyon, il nous paraît juste qu’un lieu de présentation, d’études et de débats permettant de découvrir les apports de la culture musulmane, puisse fédérer de larges soutiens.»

L’ECCLY a été par exemple, largement financé par les collectivités qui ont contribué pour environ la moitié du budget d’investissement (2,5 millions d’euros). «Les subventions n’ont fait l’objet d’aucun vote négatif au conseil général du Rhône, au conseil régional Rhône-Alpes, ni conseil municipal de Lyon», avait d’ailleurs souligné l’association.

«Contribuer à créer un sentiment d’exclusion et de mépris chez les musulmans de France»

«Pourquoi refuser aux musulmans de France d’avoir les mêmes droits que les autres ?» s’est demandé par ailleurs Azzedine Gaci avant d’affirmer qu’«on ne peut pas s’opposer éternellement aux financements étrangers et refuser de participer systématiquement à la construction de tout édifice lié à la culture et à la civilisation musulmane.»

Azzedine Gaci conclut que «ces discours et attitudes contradictoires deviennent à la longue insupportables et ne peuvent que contribuer à créer un sentiment d’exclusion et de mépris chez les musulmans de France.»

Zaman

Institut de civilisation musulmane: les identitaires envahissent violemment le conseil de Lyon

Alors que se discutait lors du conseil de la Métropole de Lyon le projet de financement de 1 million d’euros dédié à l’Institut français de civilisation musulmane, une quinzaine de fauteurs de troubles de Génération identitaire sont venus perturber les débats ce lundi soir.

Aux cris de « non non non à l’islamisation. On va tous vous dénoncer auprès de vos électeurs parce que vous financer les musulmans ».

Les élus, subjugués, ont assisté à cette manifestion durant de longues minutes avant l’évacuation des fauteurs de trouble. Ces derniers se trouvaient dans le box des spectateurs, à quelques mètres de Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon.

L’IFCM est dans la lignée de l’institut du monde arabe de Paris. Ce projet, dans les cartons depuis 1983, suscite de vives protestations depuis que le président de le régions Auvergne-Rhône-Alpes ,Laurent Wauquiez, ait refusé une subvention de 1 million d’euros au prétexte que l’IFCM bénéficiait de financements de l’Algérie et de l’Arabie Saoudite.

Or, ces fonds étrangers sont de l’ordre d’un million d’euros, soit l’équivalent de la subvention refusée de la Région.

Pour rappel, le Département du Rhône avait aussi refusé de subventionner l’IFCM à hauteur d’un million d’euros.

Gérard Collomb a rappelé que ceux qui se disent identitaires « ne connaissent pas l’histoire de Lyon. Le premier évêque de Lyon, Saint Pothin, était d’Asie Mineure, Saint Irenée et Saint Blandine de Smyrne ».

Lyon Mag

Espagne: plusieurs victimes de viols dont une française lors des fêtes de Pampelune

Une jeune Française a porté plainte pour viol samedi, alors qu’elle participait aux traditionnelles fêtes de San Fermin à Pampelune, dans le nord de l’Espagne. Depuis le début des festivités, les plaintes pour viol ou agression sexuelle se sont multipliées.

22d27d8144510e7bde2d1afbc0875

L’élu qui a accusé Valls de «parti pris» envers la communauté juive, contraint de démissionner

Le 8 mars dernier Jallal Chouaoui, adjoint au maire de Nogent-sur-Oise, avait posté sur Facebook un message qui avait alors divisé le conseil municipal et qui lui avait valu des accusations d’antisémitisme.

57023ad0c36188b46a8b45df

« Le parti pris de Manuel Valls envers la communauté juive est bien connu, notamment par le lien avec sa femme qui elle-même est juive », avait-il publié sur le réseau social.

Au lendemain de cette publication, un vote avait été réalisé au bureau municipal qui laissait à Jallal Chouaoui deux options, rapporte le Parisien.

Il pouvait choisir d’abandonner ses fonctions ou de se soumettre au vote du conseil municipal.

Après discussion avec le maire, Jean-François Dardenne, Jallal Chouaoui a décidé de démissionner de son poste de 5e adjoint au maire tout en conservant son rôle de conseiller municipal.

« Il a commis une faute politique et l’a payée. Sa décision est tout à son honneur. C’est un geste d’altruisme envers la majorité. Ceux qui ont voté pour sa destitution en bureau municipal, pour des raisons autres que l’affaire des propos sur Facebook, feraient bien de s’en inspirer, » a indiqué le maire de Nogent-sur-Oise.

 

Time Of Israel

Un acte islamophobe par jour depuis les attentats de Bruxelles

Le rapport 2015 du Collectif contre l’islamophobie (CCIB) publié vendredi est formel: durant la période qui a suivi les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, le nombre d’actes islamophobes envers la communauté musulmane de Belgique a explosé. Des faits qui n’auraient pour objectif que « d’accentuer la fracture sociale déjà importante en Belgique« , selon le collectif. 

 

hijab-infirmiere

36 actes en un mois 

Le CCIB s’est chargé de récolter et recenser ces plaintes qui ont suivi les terribles attaques du mois de mars. Résultat: pas moins de 36 actes islamophobes ont été signalés du 22 mars au 22 avril 2016. Soit plus d’un acte islamophobe par jour sur cette période d’un mois. Plus précisément, le collectif a compté 19 plaintes pour délits de haine (agression, incitations à la haine, et/ou appel au meurtre), 6 discriminations (harcèlement compris) ainsi que 11 propos haineux. Les délits de haine sont majoritaires (53%) et sont principalement diffusés dans les médias et sur Internet ( 44% des cas).

La part belle aux clichés

Le rapport stipule également que les raccourcis et les clichés faciles sur la communauté musulmane, se sont multipliés eux aussi. Le collectif parlant de « réflexes qui tendent à assimiler la pratique religieuse du culte musulman à des signes de radicalisation« . Deux exemples de faits relatés dans les médias sont cités: l’existence d’une salle de prière clandestine à Zaventem (information démentie par le parquet) ainsi que l’écartement d’un employé parce qu’il portait une barbe.

Lutter au fédéral 

L’objectif du CCIB reste clair : mettre en place un plan interfédéral de lutte contre l’islamophobie en Belgique. Et les élus nationaux ont « leur rôle à jouer dans la déconstruction de l’islamophobie« . Le CCIB a d’ailleurs toujours en travers de la gorge les propos tenus par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), en avril dernier, lorsqu’il affirmait qu’une « partie significative de la communauté musulmane » avait dansé après des attentats.

La Libre

La plus vieille bibliothèque du monde, créée par une femme musulmane, a rouvert ses portes

Au Maroc, la plus ancienne bibliothèque du monde, Al Quaraouiyine , située à Fès au Maroc et fondée en 859 apr. J.-C. par Fatima El-Fihriya, a rouvert ses portes grâce au travail de l’architecte maroco-canadienne Aziza Chaouni. Cette dernière a restauré l’établissement reconnu par l’UNESCO grâce aux financements fournis par l’organisation à but non lucratif TED.

Capture d’écran 2016-07-11 à 21.47.49.png

La bibliothèque Al Quaraouiyine, située à Fès au Maroc, fait partie de ces joyaux patrimoniaux : fondée entre 859 et 877 apr. J.-C., selon les sources, elle fait partie d’un ensemble comprenant une mosquée et une université. Fatima El-Fihriya, surnommée Oum al Banine, originaire de Tunisie, a créé ce complexe avec sa fortune personnelle : décédée en 880, elle suscite un immense respect à Fès, qui abrite de fait une des universités les plus anciennes du monde.

Entre ses murs ont lu et étudié Ibn Arabi, poète mystique et philosophe du XIIe siècle, ou encore l’historien et économiste Ibn Khaldoun, au XIVe siècle.

La réouverture de l’établissement est effective depuis la fin du mois de mai dernier, après plus de trois ans de travaux dirigés par Aziza Chaouni, elle-même originaire de Fès. « Quand vous grandissez dans cette ville, vous êtes happé par ces architectures et ces détails », explique-t-elle. Sa tante était elle-même architecte, et son apprentissage chez l’Italien Renzo Piano lui a fait réaliser quelle architecte elle souhaitait devenir.

La rénovation de la bibliothèque a été pour elle l’occasion de mener un projet chargé d’histoire et de symboles : Al Quaraouiyine a représenté pendant des siècles les échanges entre le Maroc et l’Europe, et Chaouni a tenu à utiliser des technologies d’énergie renouvelable, comme des panneaux solaires et des récupérateurs d’eau. 

Les rénovations n’étaient pas un luxe pour cet établissement, ouvert depuis des années à un public très restreint. La bibliothèque était peu isolée, et manquait d’un système de drainage moderne, ce qui a endommagé les sols et une partie des murs, d’où sortaient parfois des fils électriques. Sans oublier les manuscrits : « Quand j’ai visité la bibliothèque pour la première fois, j’ai été choquée », explique Aziza Chaouni. « Dans des salles abritant des manuscrits du VIIe siècle, température et humidité n’étaient pas contrôlées, et les plafonds étaient complètement fissurés. »

L’architecte a dû trouver l’équilibre entre le respect du bâtiment et la nécessité de le transformer pour qu’il devienne à nouveau un lieu de savoir, de partage et de culture : Aziza Chaouni a particulièrement apprécié la rénovation des fontaines, et a même réalisé de nouvelles installations, à partir de matériaux récupérés sur place. D’une manière générale, Chaouni a eu recours, dès que cela fut possible, à des réalisations d’artisans locaux.

La nouvelle bibliothèque comprend ainsi une salle de lecture, une autre destinée aux conférences, un laboratoire de restauration de manuscrits, et une collection de livres rares, sans oublier des bureaux rénovés et un café. Un espace sera également destiné à l’accueil d’expositions, avec une collection permanente et des événements temporaires.

Actua Litté

Euro 2016 : la France portugaise ou la nouvelle défaite des identitaires

L’image est si belle qu’elle fait le tour du web. Le petit supporter du Portugal qui console le grand supporter français. Qui est cet enfant? Un petit Portugais? Un petit Franco-Portugais, binational? Et qui sait s’il n’est pas seulement Français, fils ou petit-fils de Portugais? Mais peu importe en vérité, puisqu’à lui seul il incarne ce qui aura fait sens politique tout au long de cet Euro de football: la France des communautés heureuses peut l’emporter contre la France des identitaires haineux.

le-creusot-la-liesse-la-joie-et-le-bonheur-immense-des-supporters-creusotins-du-portugal-apres-la-qualification-pour-la-finale-de-l-euro-de-football-2-257211

Dans les minutes qui ont suivi le dénouement de Saint-Denis, les supporters de l’équipe du Portugal se sont retrouvés, à Paris comme ailleurs, dans la rue afin de célébrer ce titre de Champion d’Europe conquis de haute lutte. Sur les Champs-Elysées, à Paris, ils étaient des milliers.

Notons bien l’essentiel: au lendemain de cette célébration de victoire d’une équipe étrangère sur le sol français, il n’est pas un politique ou un intellectuel réactionnaire pour la déplorer, la condamner et stigmatiser ceux qui auraient osé s’affranchir d’un supposé devoir de patriotisme lié au football. Nadine Morano est silencieuse. Alain Finkielkraut aussi. Et c’est bien. Cela repose.

Mieux encore, cette célébration par ses supporters de la victoire du Portugal a paru atténuer la défaite. Quitte à perdre, autant se réjouir de voir les Portugais vainqueurs

Je suis Portugais

Cela dit, nous y sommes. A constater l’acceptation tacite et consensuelle de la célébration de la victoire de leur équipe par les Portugais, à partager même un peu de cette victoire… Jusqu’à s’émouvoir de ce qu’un enfant en vienne à consoler un adulte, bien que ne portant pas le même maillot. Faut-il s’en inquiéter? Du coup, on s’interroge, quitte à faire frémir Eric Zemmour ou Alain Finkielkraut: sans nous en rendre compte, puisque personne ne dit rien, ne serions-nous pas devenus un peu Portugais?

Un peu sans doute. A l’image d’un Euro qui aura été, comme l’avait voulu Platini, celui des nations européennes de la mondialisation heureuse. Les Français ont aimé les supporters irlandais (des deux Irlande), islandais et turcs, italiens et allemands. 

L’enfant portant le maillot portugais, venant consoler le grand supporter français qui pleure la défaite de Lloris et des siens, est l’enfant de cette mondialisation du football développée à l’échelle européenne. Il aime son équipe, mais il aime aussi l’autre. L’adversaire est son ami. Le vaincu son frère. Le football est une supranationalité qui se partage.

La binationalité n’est pas un problème

D’un certain point de vue, cette image donne sens à ce qu’écrit Jacques Attali, « La joie des supporters portugais de France démontre que la binationalité n’est pas un problème mais une réalité tranquille et heureuse ». Et à le lire, de se poser, encore et encore, la question : ne sommes-nous pas déjà devenus un peu Portugais?

La réponse est oui. Griezmann lui-même n’est-il pas le petit-fils d’un footballeur professionnel portugais? De même que nous avons été et sommes sans doute un peu Polonais avec Kopa. Italien avec Platini. Arménien avec Djorkaeff père et fils. Et Algérien avec Zidane.

Zidane? Algérie? Nous touchons ici aux limites de ce que nous louangeons ici en ce lendemain de clôture de l’Euro. Certains sympathisants ou seulement indifférents à la célébration par les supporters de l’équipe du Portugal montreraient-ils la même empathie ou indifférence à l’endroit des supporters de l’équipe d’Algérie, probablement tout aussi nombreux en France que ceux de la ‘Seleçao’ de Ronaldo?

Il y a deux ans, lors de la Coupe du Monde, leurs manifestations de joie suite au beau parcours de leur équipe, « One, two, three, viva l’Algérie! » avaient donné lieu à des polémiques comme aiment les entretenir les assiégés de l’identité qui voient de l’insécurité partout, y compris dans des manifestations de joie autour du football… Il n’est pas dit, hélas, que ceux-là attendent la prochaine Coupe du Monde en Russie en espérant encore et toujours agiter les peurs et les angoisses. Car il est vrai que le football est laid quand il est pris en otage et tombe en de bien vilaines mains. De ce point de vue, le spectacle offert durant cet Euro par les supporters russes expédiés par la Russie de Poutine laisse augurer une Coupe du Monde 2018 de type Argentine 1978, nationaliste et sous pression politique. On en reparlera. Mais curieusement, cela n’émeut pas ceux qui sont des affolés de l’identité nationale appliquée au football en mal de 5e colonne à démasquer.

Cela étant, soyons des optimistes de la volonté. C’est une question de temps, comme avec les Portugais de France. Il se produira un jour avec d’autres pays ce qui se produit aujourd’hui avec le Portugal. Un jour, l’Algérie battra la France dans une Coupe du Monde de football, et nous serons la France accomplie des communautés heureuses quand l’image d’un gamin portant le maillot algérien, consolant un supporter des Bleus, fera le tour du monde.

Il n’y a pas lieu de le redouter, ni de le déplorer, sauf à se complaire dans la peur et la haine, mais il faudra bien qu’un jour, en France, la joie des supporters algériens devienne aussi une réalité tranquille et heureuse.

Challenges

«Vanter le modèle d’intégration portugais est un choix politique pour stigmatiser les maghrébins»

La finale de l’Euro 2016 entre la France et le Portugal aura une résonance particulière dans un pays où vivent plus d’un million de personnes d’origine portugaise. L’éclairage de Victor Pereira, spécialiste de l’émigration portugaise.

-

Le Portugal entretient des liens forts avec la France, pays où ont choisi d’émigrer de nombreux Portugais. Avant la finale entre la France et le Portugal, le coeur de cette communauté portugaise, très forte en Île-de-France, balancera forcément. Victor Pereira, maître de Conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, estime que 1,2 million de Portugais ou de Français descendants d’immigrés portugais vivent en France. Entretien avec ce spécialiste de l’émigration portugaise. 

Peut-on s’attendre à ce que la communauté portugaise présente en France supporte le Portugal lors de la finale? 

On parle souvent de « communauté portugaise », alors qu’il y a beaucoup de différences chez les Portugais. Certains ne vont pas suivre le match, d’autres, comme moi, vont considérer qu’ils sont déjà champions, quel que soit le vainqueur. Les plus visibles vont supporter le Portugal de façon ostentatoire: en mettant des maillots ou des écharpes. Ils veulent gagner, car il y a un passif de défaites contre les Français, ou parce que le Portugal n’a jamais gagné l’Euro, à la différence de la France. Mais tout le monde ne va pas avoir le même sentiment. Cela dépend notamment des régions où vous habitez. Si vous êtes dans une ville où la concentration de Portugais est importante, comme Champigny, vous allez plus être enclin à supporter le Portugal par exemple. 

En plus des différences géographiques, y a-t-il un facteur générationnel à prendre en compte? 

Effectivement, la première génération d’immigrés est plus attachée au Portugal. Ils ont émigré dans les années 60- 70, quand le Portugal était un pays pauvre et surtout connu pour sa dictature. Chez leurs enfants ou petits-enfants, beaucoup soutiennent le Portugal par fidélité vis-à-vis de leurs parents. C’est un pays auquel ils sont attachés, où ils vont souvent en vacances. C’est par exemple le cas de Français qui jouent pour la sélection portugaise comme Raphaël Guerreiro ou Anthony Lopes. Parfois les jeunes ont même une image idéalisée du Portugal. Ils y vont en vacances l’été, chez leurs famille. 

Les cas de Guerreiro ou Lopes sont-ils représentatifs de cet attachement des descendants d’immigrés? 

Il faut souligner que Guerreiro a la double nationalité, mais effectivement son cas n’est pas singulier. On peut également parler  de Adrien Silva, un Français. Le Portugal est un fort pays d’émigration et depuis quelques années, la sélection nationale est plus attentive aux performances des fils d’émigrés. D’autres fédérations, comme l’Algérie ou le Sénégal, font d’ailleurs la même chose. La mère de Griezmann avait ainsi été approchée par fédération portugaise quand il était adolescent, en raison de ses origines. Il y a une vraie volonté d’attirer les jeunes talents issus de l’émigration. Ce n’était pas forcément le cas à l’époque de Robert Pires par exemple. 

Quels sont les autres facteurs qui peuvent expliquer cet attachement au Portugal? 

Il y a également des critères économiques à prendre en compte, ainsi que la pression familiale. Mais Guerreiro et Lopes allaient souvent au Portugal dans leur jeunesse. L’idole de Lopes était Vitor Baia, le gardien de la sélection dans les années 90. Il faut également comprendre que quand vous êtes enfant, à l’école on vous renvoie parfois à vos origines portugaises, de façon plus au moins agréable, avec des blagues sur le BTP ou les travaux domestiques. Pires expliquait que même en 1998, en équipe de France, on l’appelait « le Portugais ». Pour les jeunes Portugais, être de la même équipe que Ronaldo, ou Figo avant lui, c’est une source de fierté. Si le Portugal était moins fort au foot, leur attachement à la sélection portugaise serait moins développé. 

Vous faites référence aux blagues sur le BTP, y a-t-il une forme de mépris envers les Portugais en France qui expliquerait cet attachement ? 

Il n’existe pas de racisme contre le Portugais comme il peut y en avoir contre des populations de couleur. Mais il y a bien une forme de mépris social, quand on parle des maçons ou des femmes de ménage. Le même phénomène est arrivé aux Italiens et aux Espagnols. C’est ce que décrivait l’écrivain François Cavanna dans son livre Les Ritals, ou Luis Fernandez dans ses autobiographies. Mais les Portugais sont bien intégrés dans la société français, et ils sont souvent cités comme des exemples. Cependant, il est vrai qu’il existe une vie communautaire portugaise importante, même si tout le monde n’y participe pas. En France, on compte 200 clubs de foot amateurs avec le mot « portugais » dans leur nom. Il y a un entre-soi relativement fort, c’est certain. 

Pourquoi vante-t-on alors autant le modèle d’intégration portugais? 

C’est un choix fait à des fins politiques, pour stigmatiser d’autres populations immigrées. On dit que les Portugais sont discrets, mais c’est parce qu’on décide qu’on ne ne veut pas les voir. En vrai ils sont plutôt visibles, notamment avec leurs drapeaux et leurs maillots. Mais ils bénéficient du paratonnerre maghrébin.

En France les problèmes de société sont focalisés sur les populations maghrébines. Les Portugais peuvent continuer à maintenir un lien avec leur pays, sans être victime de rejets. Parfois la Marseillaise est sifflée lors de matchs France-Portugal, mais personne ne le mentionne, ou si c’est le cas on parle de cas isolés. On n’assiste pas aux mêmes réactions quand la France joue contre des pays du Maghreb.  

L’Express

France-Portugal et France-Algérie: même phénomène chez les supporters. Pas dans les médias


Après un mondial réussi, l’équipe de France continue sur sa lancée. Samedi soir, les Bleus ont battu le Portugal 2 buts à 1. Pascal Boniface était au stade de France. Il a noté que la moitié des tribunes soutenait le Portugal. Un constat qui ne l’a pas choqué, mais il s’est rappelé comment les médias avaient abordé les matchs opposant la France à l’Algérie.

les-supporters-portugais-sont-nombreux-a-saint-etienne-photo-afp-1465928121.jpg

Samedi soir au stade de France, après un match fort agréable, l’équipe de France a battu le Portugal 2 buts à 1. Confirmation de la montée en puissance des Bleus avant l’Euro 2016 et après un mondial réussi. Ce fut une très belle soirée, laissant malgré tout place à quelques interrogations. 

D’une part, la moitié du stade était en faveur de l’équipe visiteuse. Pourtant, nul convoi de Lisbonne ou de Porto n’était venu peupler les tribunes du Stade de France. Les supporters de l’équipe du Portugal étaient venus en  voisins. C’était des Français d’origine portugaise vivant en Île-de-France. Phénomène prévisible, vue l’importance de la communauté des Français d’origine portugaise vivant dans cette région et leur amour du football.

On soutient d’abord l’équipe de nos origines

Sur la route du stade, je me suis fait interpeller de façon amicale par des jeunes supporters me disant :

« On va gagner contre vous. »

Nous avons pourtant la même nationalité, nous votons tous et payons des impôts en France mais nous n’avons pas les mêmes racines. Ceci ne me choque en aucune manière. Je trouve plutôt sympathique que la France soit ce pays fait d’origines multiples où chacun peut sentir à la fois Français et différent.

Je sais que ces mêmes Français d’origine portugaise soutenaient à la fois le Portugal et la France pendant la Coupe du monde et que le Portugal éliminé, ils ont reporté leur « supporterisme » sur la seule France. Et il en va de même pour tous les Français qui ont des racines étrangères. Qu’ils soient d’origine polonaise, néerlandaise, allemande, sénégalaise, portugaise, espagnole, algérienne, marocaine, tunisienne, ils vont d’abord soutenir l’équipe de leurs origines ou de l’origine de leurs parents, puis l’équipe de France.

Si les Bleus sont opposés à leur patrie d’origine, leur choix, parce qu’ils s’estiment minoritaires et redevables du parcours de leur parents, va généralement être celui du pays lointain. En dehors de cette circonstance, ils vont être les plus chauds partisans de l’équipe de France. 

Cela ne me choque en aucune manière et comme dit la chanson, « tout ceci fait d’excellents Français ». Ce qui change, c’est la réaction vis-à-vis de ce double attachement.

Hier, les médias n’ont pas été choqués que, pour un match de l’équipe de France à domicile, le stade soit à moitié aux couleurs de l’équipe visiteuse.

L’attitude ambiguë des médias

Alors que dans un tweet au début du match j’écrivais « une grande partie du stade supporte le Portugal. Je comprends. D’autres ne comprennent pas quand la France joue contre un pays du Maghreb », quelqu’un m’a répondu « mais au moins la marseillaise n’est pas sifflee ».

Hélas, à la 44e minute, alors que la moitié du stade entonnait « la Marseillaise », l’autre moitié la sifflait. Et régulièrement, on a entendu « Portugal Portugal » clamé avec enthousiasme dans les gradins. De nouveau, je trouve ceci en aucun cas problématique et tout à fait compréhensible.

Ce qui l’est moins, c’est la différence de la réaction de l’environnement médiatique. Car imaginons que, samedi soir, la France fut opposée à l’Algérie, au Maroc ou la Tunisie. Imaginons que la moitié du stade supporte l’équipe visiteuse. Imaginons que « la Marseillaise » eut été sifflée. Nous nous aurions eu tout de suite les réactions immédiates sur les chaînes d’information continue et le lendemain, les gros titres de la presse auraient été unanimes.

Qu’est-ce que cela veut dire sur les troubles de la société française ? N’est-il pas un désastre dans la politique d’intégration ? Ces gens-là sont-ils vraiment français ? Que peut-on faire ? N’est-ce pas la preuve de l’impossibilité de cette catégorie de personnes à devenir de vrais Français ? La différence de religion n’était pas le facteur explicatif de cet échec dans l’intégration ?

Mais pour ce match, on a traité le problème de façon tout à fait différente.

Phénomène comparable, réaction différente

Alain Finkielkraut n’est pas venu expliquer que la différence fondamentale de valeur, d’éducation et d’intégration de ces jeunes Français d’origine portugaise les rendait par définition hostiles à nos valeurs républicaines et haineux de la France.

BHL n’est pas venu sommer les Français d’origine portugaise de se désolidariser des siffleurs du stade de France, sauf être eux-mêmes considérés comme de mauvais Français.

On n’est pas venu chercher le prêtre de Drancy, Jose Chalgoumo, dire dans un mauvais Français qu’il fallait aider les Portugais modérés contre les extrémistes et qu’il était pour le dialogue franco-portugais que des radicaux tentaient d’empêcher.

Il est donc extrêmement intéressant de voir les différences de réaction par rapport à des phénomènes comparables. Pourquoi, dans un cas, la double appartenance de Français ne pose aucun problème et pourquoi, dans d’autres cas, elle déclenche l’apocalypse des réactions ? Poser la question, c’est y répondre. N’est-il pas ?

Le Plus