A Toulouse, Christian Loubersanes, courtier en assurances, est soupçonné d’avoir escroqué 10 millions d’euros auprès d’une centaine de personnes, la plupart appartenant à la même loge maçonnique que lui.
Selon nos confrères de La Dépêche du Midi, Christian Loubersanes, Grand Maître provincial de la Grande Loge Régulière de France, est écroué depuis juillet 2016. Il est soupçonné d’avoir poussé une centaine de personnes dont de nombreux membres de la loge à souscrire une assurance-vie par le biais de contrats « frauduleux », ce que les contractants ignoraient, pour une rentabilité estimée à 9% .
L’argent ainsi amassé circulait à travers plusieurs sociétés du suspect, parfois sur ses comptes personnels.
Selon le principe de la pyramide , par effet de cavalerie, les premiers souscripteurs ont vu arriver les premiers remboursements, les autres n’ont rien vu venir.
Soupçonné par le fisc en 2016 de cacher des avoirs, Christian Loubersanes fait l’objet d’une enquête.
Il sera mis en examen pour « fraude fiscale, escroquerie, abus de biens sociaux, et blanchiment en bande organisée ».
Il est écroué depuis juillet 2016.
Il a été exclu de la Grande Loge Régulière de France.
Un député israélien a accusé l’Etat juif d’aider directement Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra) sur le front du plateau du Golan, apportant une aide logistique et médicale aux combattants d’une organisation classée terroriste, comme l’a confirmé I24 en 2015.
Dans un statut publié sur sa page Facebook, le député israélien centriste du parti Kulanu, Akram Hasson, a affirmé que le groupe Fateh al-Cham bombardait le village druze de Khadar, avec le soutien et la protection du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.
Akram Hassam a déclaré que depuis ce week-end, le village sans histoire de Khadr situé à proximité de la frontière syrienne était victime de nombreux bombardements des islamistes de l’ex-Front Al-Nosra, rebaptisé depuis peu Fateh al-Cham. «Nous avons eu des informations issues de tous les fronts et d’individus occupant des responsabilités dans le village, selon lesquelles le Front Al-Nosra opérait avec un soutien sans précédent venant d’Israël, car ses combattants occupent des positions qui ont déjà été bombardées par Israël lorsqu’elles étaient occupées par la Syrie. De plus, Israël leur fournit de l’aide logistique et médicale», écrit le député.
«Cette nouvelle stratégie, menée par Avigdor Lieberman depuis qu’il est entré en fonction, a renforcé le Front Al-Nosra qui se met aujourd’hui a attaquer nos frères», ajoute-il avant de s’adresser directement au ministre de la Défense israélien : «Lieberman, arrêtez immédiatement votre soutien au Front Al-Nosra. Il est temps que nous nous unissions et j’appelle tous les membres de la Knesset et les représentants religieux dirigés par le Cheikh Muwafaq Tarif à organiser une réunion d’urgence avant que nos frères à Khadr ne soient massacrés. Il n’y a pas de temps à perdre.»
Fateh al-Cham, classée comme organisation terroriste par Israël, tout comme par les Etats-Unis, ne bénéficierait d’aucun soutien selon une déclaration fait par un militaire israélien de haut-rang au quotidien israélien Haaretz.
L’avocat de familles de victimes de l’assaut du Bataclan le 13 novembre dernier à Paris a déposé un recours pour savoir pourquoi huit soldats de l’opération Sentinelle présents sur les lieux ce soir-là n’étaient pas intervenus.
Me Gérard Chemla a expliqué qu’il avait fait le mois dernier une demande d’acte devant le juge d’instruction, mais que le magistrat avait rejeté sa requête. « J’ai donc fait appel devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris », a-t-il dit à Reuters, confirmant une information BFM TV, qui a révélé l’information. Les familles veulent comprendre la « désorganisation générale » qui a fait que les forces de l’ordre – à l’exception d’une petite équipe de la Brigade anticriminalité (BAC) – ont mis trois heures pour intervenir, selon l’avocat. « Les soldats n’ont pas eu l’autorisation d’intervenir alors que des personnes agonisaient. Pourquoi des gens en armes ne sont pas intervenus ? ».
Un représentant des commissaires de police avait révélé en mars dernier devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats que des militaires de Sentinelle, présents près du Bataclan, avaient refusé d’intervenir comme le leur demandait un policier arrivé sur les lieux. Les soldats ont expliqué qu’ils n’avaient pas reçu l’ordre d’intervenir et l’un d’eux a même refusé de prêter son fusil d’assaut au policier, avait témoigné Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires.
« Le détachement Sentinelle a dit : ‘Non, j’ai pas d’ordres pour bouger’. Alors il a dit : ‘Alors passe-moi ton Famas (fusil d’assaut, NDLR)’. L’autre évidemment, son arme il n’allait pas la lâcher », avait-il raconté. Postés devant la sortie de secours du Bataclan, où un commissaire de police avait réussi à tuer l’un des assaillants, les policiers de la BAC avaient essuyé des rafales de Kalachnikov. Pour Jean-Luc Taltavull, cet épisode démontrait qu’il fallait mieux définir les rôles en cas d’attaque terroriste.
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait justifié en juin dernier devant la même commission d’enquête la passivité des militaires par le fait qu’ils n’avaient pas reçu d’ordre en ce sens du préfet de police. « Le prêt d’une arme est contraire à toutes les règles d’engagement. En outre (ces militaires) ne sont pas formés aux interventions en présence d’otages », avait-il ajouté.
Malgré l’interdiction signifiée par le FN, Mediapart couvre la rentrée politique du parti d’extrême droite, organisée ce week-end à Fréjus. Et ce samedi, Marine Le Pen a déroulé le tapis rouge à quelques intellectuels proches de son parti. Jean-Paul Brighelli sur l’éducation, Jacques Sapir sur l’Europe, Xavier Raufer sur le terrorisme ont ainsi pu dire combien il était « normal » d’échanger sous les vivats des militants.
Fréjus, de notre envoyé(e) spécial(e).- « Il s’est mouillé, il est dans l’eau maintenant ! » La formule est de la vice-présidente du collectif Racine, le satellite du Front national consacré à l’éducation, l’un de ces multiples clubs créés par le parti d’extrême droite pour développer des passerelles avec la société civile. Valérie Laupies, qui est aussi conseillère régionale de PACA, se satisfait ainsi de la venue aux « Estivales de Marine Le Pen » de Jean-Paul Brighelli, essayiste réactionnaire bien connu sur les questions de l’éducation nationale, et qui s’était distingué il y a une dizaine d’années avec l’essai La Fabrique du crétin.
Il faut le regarder, car on entend peu, contrairement à ce qu’affirme l’ex-journaliste Françoise Laborde, de femmes voilées s’exprimer à la télévision. Et parce que ce dialogue va à l’encontre d’un fantasme et d’un amalgame de plus en plus présent dans la société, selon lequel les femmes qui portent le voile intégral seraient des graines de terroristes.
Vendredi, France Télévisions a publié sur son site Internet un reportage où l’on voit une femme en niqab dialoguer avec une autre femme, une Toulousaine, visiblement en colère. Alors que la première vient de déposer une gerbe de fleurs sur la promenade des Anglais, à Nice, en hommage aux victimes de l’attentat de juillet, la deuxième l’accuse de «provocation». La rencontre, précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo, est fortuite.
«Vous n’avez pas l’impression de faire un peu de la provoc’, surtout là?», demande la touriste toulousaine. S’ensuit une conversation où Stéphanie Lécuyer, «une Française qui porte le niqab depuis vingt ans» précise le reportage, prône le dialogue entre femmes voilées et personnes non-voilées. «A un moment donné, il faut s’arrêter, et discuter. Et je pense que la meilleure des choses ça va être le dialogue avec le temps», dit-elle. Elle parle de paix, de respect, des paroles qui visiblement touchent la touriste, qui quelques minutes après déclare, très calme: «Si c’est votre idée, votre vie, il faut la vivre».
Elle commente également ses propres tweets, dans une sorte de drôle de dialogue de Laborde avec elle-même. Car si Françoise Laborde ne veut pas qu’on dialogue avec une femme en niqab, elle ne semble pas non plus vouloir dialoguer avec quiconque ne partage pas son avis:
Une «mise en scène»?
Qu’est-ce qui énerve Françoise Laborde? Plusieurs choses. D’abord, le fait que selon elle le reportage est une«mise en scène». Stéphanie Lécuyer a été contactée via Rachid Nekkaz, homme d’affaires et militant politique algérien qui paie les amendes des femmes en niqab depuis la loi d’interdiction sur la dissimulation du visage dans l’espace public de 2010. On aperçoit d’ailleurs le militant présent à ses côtés au début de la vidéo. Une mise en scène que Françoise Laborde compare à la télé-réalité:
«Il s’agit de faire intervenir un élément extérieur inhabituel pour voir comment les gens réagissent: ici sur la Promenade des Anglais à Nice, il s’agissait d’amener sur place une jeune femme portant la burkha (sic) accompagné (sic) par un militant, et voir comment la population réagissait. Cette démarche est en soi détestable et n’a rien à voir avec le journalisme même si elle est de plus en plus pratiquée dans le cadre de ces émissions qui prétendent faire des enquêtes ou des contre-enquêtes», explique-t-elle sur Facebook.
Accordons-lui un demi-point là-dessus: oui, le sujet de France Télévisions ne dit pas que la femme en niqab n’a pas été croisée par hasard sur la promenade des Anglais. Si la rencontre est bien «fortuite» en un sens, comme le précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo – puisque la touriste, elle, n’a pas été contactée par avance – elle ne l’est qu’à moitié. Il manque aussi sans doute quelques lignes de présentation pour expliquer qui est Stéphanie Lécuyer, régulièrement interviewée par les médias, et qu’Atlantico qualifie de «porteuse officielle de la burqa dans l’Hexagone depuis deux décennies» (sauf que non, il ne s’agit pas d’une burqa, raté, mais d’un niqab: la burqa comporte carrément un grillage à la place des yeux, et elle est portée essentiellement en Afghanistan).
Pour autant, le journalisme ne se limite pas à «prendre sur le vif» des conversations ou des scènes «naturelles», dans une illusion de naturel, d’ailleurs, car on sait depuis que la sociologie étudie les médias que le cadrage, notamment, est un parti-pris. Faire dialoguer des personnes qui ont des opinions différentes est une pratique récurrente, particulièrement quand il s’agit d’intellectuels en désaccord. On voit mal pourquoi, si on permet à Michel Sardou et Guy Bedos de dialoguer ensemble, ou à Marcel Gauchet et Philippe Meirieu, on le refuserait à une femme en niqab et une touriste en colère, toutes les deux venues sur la promenade des Anglais à Nice, quand bien même une de ces personnes aurait été contactée en amont, et l’autre rencontrée par hasard. D’autant que dans ce cas particulier c’est quelque chose que l’on voit rarement, ou plutôt même jamais, ce qui fait son intérêt, et que la vidéo ne véhicule aucun message d’incitation à la haine, au contraire.
«On imagine déjà dans ce contexte les résultats espérés par les initiateurs du reportage!», clame Françoise Laborde, qui insinue que France Télévisions aurait planifié de filmer des insultes. On ne sait pas, en réalité, ce qui s’est passé en dehors des images qu’on nous présente. Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des insultes et de la haine que France Télévisions nous livre, et il y a plutôt de quoi s’en réjouir, dans un contexte fortement marqué par les tensions.
On voit peu de femmes voilées à la télévision
Ce qui semble plus profondément gêner Françoise Laborde, c’est aussi tout simplement qu’on ait donné la parole à une femme en niqab. C’est ce qu’elle explique au HuffPost, affirmant que France Télévisions a selon elle depuis quelque temps «une fâcheuse tendance à faire témoigner des femmes en niqab, alors que de très nombreuses femmes musulmanes ne le portent pas mais ne sont jamais interrogées alors qu’elles ont une opinion intéressante sur leur société.»
On ne sait pas si par musulmanes, Françoise Laborde entend des musulmanes voilées, mais ce qui est absolument certain, c’est que les femmes voilées, de manière générale, sont très peu représentées à la télévision. Elles ne sont jamais invitées dans les émissions, ou alors très rarement, et si c’est le cas, c’est pour jouer le rôle de la «femme voilée». Si quelqu’un peut me citer une femme voilée invitée dans une émission de C’est dans l’air, ou sur le plateau du JT de France 2, pour parler d’autre chose que de son voile, bingo, il aura gagné tout mon respect, car cela ne doit pas être facile à dégotter. Pas étonnant dans ce contexte que des fantasmes et des idées reçues ne se développent autour des femmes voilées.
Hier, alors que je l’interviewais pour un tout autre sujet, ce n’est rien de moins que la présidente de Ni putes ni soumises, cette association qui a pour slogan les trois mots «laïcité», «mixité» et «égalité», qui me le confirmait: «On nous parle du voile à toutes les sauces, mais il n’y a jamais de femmes voilées à la télévision, elles sont invisibles», me confiait-elle. Et il n’y a pas besoin d’enquête du CSA pour s’en rendre compte: à la télévision, les femmes voilées n’ont jamais la parole.
C’est donc pour cela que le document de France Télévisions est important, parce qu’il permet de faire se confronter la vision forcément fantasmée du spectateur, qui s’identifie à la touriste, à la réalité vécue par une femme qui porte le niqab. Ce reportage permet de comprendre que non, le niqab n’est pas synonyme de terrorisme, et qu’on peut porter un voile intégral sans prêter allégeance à Daech, contrairement à un amalgame de plus en plus répandu. Il permet aussi de comprendre que certaines de ces femmes ont un caractère bien trempé, comme j’ai pu moi aussi m’en rendre compte en interviewant certaines d’entre elles, ce qui remet en cause l’idée totalement stéréotypée qu’elles seraient «soumises à leur mari». Il montre aussi qu’on peut se cacher derrière un long voile, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, avoir envie de dialoguer avec quelqu’un, ou avoir en tous cas envie de renvoyer aux spectateurs une image de dialogue. En bref, il ouvre à la complexité.
Oui, on doit interviewer des personnes dans l’illégalité
Un argument également relayé par Céline Pina, ex-élue PS qui s’est fait connaître en dénonçant le salon de «la femme musulmane» de Pontoise:
«Il se trouve que dès le début, on ressent une gêne intense: le niqab est interdit par la loi. Non seulement il est clair que se balader avec est une provocation, mais c’est même un délit»
Rappelons tout de même que ce n’est pas vraiment le niqab qui est interdit, et encore moins la burqa comme Françoise Laborde le dit (elle se trompe, encore une fois, ce n’est pas une burqa), mais la dissimulation du visage. Ce n’est pas l’objet religieux – ou considéré comme religieux – que le législateur sanctionne, mais le fait de se couvrir le visage, et de ne pouvoir être identifié. C’est à ce seul titre que le Conseil constitutionnel a validé la loi, malgré les mises en garde du Conseil d’Etat qui recommandait que les députés abandonnent leur idée de vouloir interdire le voile intégral dans l’espace public. Et c’est à ce seul titre que la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas condamné la loi, tout en émettant des réserves.
Si le journaliste n’est pas un «animateur socioculturel» ou un militant, il n’est pas non plus un juge, chargé de l’application des lois, précisément. Oui, il doit interviewer des personnes qui sont dans l’illégalité, pour comprendre leurs motivations. Et il peut interroger le bien-fondé des lois, ou leur efficacité. Il n’a pas à être le bras armé des députés, à moins de tomber dans le pur et simple totalitarisme. Il faut interviewer des consommateurs de drogue, pour comprendre pourquoi et comment ils basculent dans la drogue. Il faut ou faudra, maintenant que la loi pénalise les clients de prostituées, comprendre pourquoi certains continuent à fréquenter des prostituées, pour tout simplement vérifier si cette loi est véritablement dissuasive, ou pas, et si oui, en quel sens. Et on pourrait multiplier les exemples.
On peut penser que Françoise Laborde, qui siège au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui défend l’avortement, n’est pas choquée par le fait que des journalistes aient interviewé, il y a quarante ans, des femmes qui bravaient la loi contre l’avortement. L’argument selon lequel un journaliste ne devrait pas interviewer quelqu’un qui commet quelque chose d’illégal est donc tout simplement irrecevable.
L’islam est finalement soluble en terre FN. Le hasard du calendrier vient d’accélérer deux dossiers qui devraient réjouir les musulmans de cette commune dirigée par le FN depuis 2014.
Hier matin, le tribunal administratif a condamné la municipalité parce qu’elle s’opposait au rachat de l’ancienne trésorerie de Mantes-la-Ville, devenue depuis avril dernier une mosquée. Au moment de la vente, la mairie a exercé son droit de préemption. Elle souhaitait alors transformer les locaux en poste de police municipale. La justice a estimé qu’il s’agissait d’un « abus de pouvoir » pour empêcher la création de la mosquée. Battu, Cyril Nauth indique qu’il fera « très certainement » appel.
Un projet dans le quartier des Merisiers
Dans le même temps, une autre association, El-Fethe, a obtenu gain de cause au tribunal de grande instance. Il y a quelques mois, elle avait cherché à acheter un pavillon afin d’en faire une mosquée. Le vendeur avait fini par se rétracter et l’affaire s’est poursuivie devant les tribunaux. Les juges ont finalement donné raison à El-Fethe. Une mosquée pourrait donc faire son apparition dans les prochains mois dans le quartier des Merisiers.
Ces deux lieux de culte s’ajoutent à un troisième, situé boulevard Salengro. Avant l’arrivée du FN au pouvoir, c’était le seul à Mantes-la-Ville… « Et alors ? Le Front national ne s’est jamais opposé à l’Islam !, s’irrite Cyril Nauth. J’ai toujours dit que j’étais contre le projet de la trésorerie, pas contre l’Islam. » Cette position figurait dans ses tracts de campagne. Les opposants à Cyril Nauth ne manquent toutefois pas de lui rappeler ses engagements. « Je me souviens qu’il avait dit récemment que les musulmans n’étaient pas près de prier dans l’ancienne trésorerie, remarque Eric Visintainer (LR). Cyril Nauth doit rester humble : il n’est pas au-dessus des lois, il est en train de l’apprendre. »
La réalité mérite toutefois d’être nuancée. L’acquisition de la trésorerie était un processus déjà engagé avant l’arrivée du FN dans la commune. Elle avait été encouragée par l’ancienne équipe socialiste et accélérée par la préfecture. Quant à la mosquée du boulevard Salengro, malgré un vote du conseil municipal demandant sa destruction, la démolition n’a jamais eu lieu.
Face à cette montée du parti d’extrême droite qui paraît aujourd’hui inexorable, il faut sortir de l’état de sidération pour revenir à l’essentiel : l’électeur du Front national. L’objectif de ce livre est aussi simple à énoncer qu’ambitieux à réaliser. Comprendre comment, et pourquoi, on choisit de glisser un bulletin FN dans l’urne. À l’issue d’entretiens avec des électeurs du parti frontiste, l’auteur décortique leur vie, y cherchant, pour chacun, les traces de cette inflexion politique…
La métamorphose mentale de Martin va s’accompagner d’un phénomène que je rencontrerai chez de nombreux autres électeurs du FN : la relecture complète de son passé à travers ses nouveaux yeux de frontiste, concrètement une racialisation de celui-ci.
Sur le terrain il va découvrir que le FN n’est pas perçu comme un parti comme les autres. Quand vous tendez un tract électoral, vous recueillez bien souvent des insultes. Les collages ont lieu la nuit pour éviter de croiser des adversaires politiques et même de simples passants qui pourraient devenir agressifs. L’accueil inamical n’effraie pas Martin, ce dernier trouve y trouvant même la preuve de la justesse de son combat.
« S’ils sont hostiles envers nous c’est qu’on fait des choses qui les dérangent »
Même si la parenthèse de l’activisme va rapidement se refermer, ces quelques mois de militantisme vont endurcir Martin, ses convictions récentes vont s’enraciner. La question de l’immigration va en particulier prendre une grande place dans son positionnement politique. Il est persuadé que la France est en train de subir une invasion, un « grand remplacement ». L’ignorance de Martin en matière d’histoire des migrations est un terrain fertile pour ce genre de fantasme.
« La France a 2 400 ans d’histoire écrite et n’a pas connu de grande migration depuis l’installation des Celtes au deuxième millénaire avant JC »
En plus de son ampleur, c’est l’origine de cette immigration qu’il pointe du doigt.
« Ce qui est regrettable de mon point de vue c’est qu’il y a une part très importante qui vient du Maghreb et d’Afrique. »
Accusant ces migrants d’être quasiment inintégrables du fait de leur culture et de leur religion, il décrit une France parsemée de territoires communautarisés, véritables corps étrangers au sein de la République où ce sont les règles de l’Islam qui font la loi. Dans cette vision fantasmée et apocalyptique d’une France totalement fragmentée, la guerre civile est vue comme un horizon probable.
« Si les choses continuent sur la dynamique actuelle, il y aura beaucoup de violence entre d’une part, les blancs, les Français de souche et d’autre part, une proportion importante des personnes venue de l’immigration extra Européenne, ce qui reproduira quelque chose de similaire avec ce qui s’est passé en Algérie. Si ça venait à se passer comme ça, si les Français de souche venaient à gagner, qu’il y ait une violence qui conduise à cette rémigration, ce serait au prix d’une très grande souffrance, ce ne serait pas souhaitable. Il vaudrait mieux tenter de tarir la source tant que c’est possible. »
Martin veut que le FN lui parle de ce qu’il voit… ou du moins de ce qu’il croit voir, de cette fracture raciale qui l’obsède.
« Je caricature un peu mais maintenant c’est « nous, les blancs » contre « eux, les Arabes. »
On est bien loin de l’idéal républicain. Si Martin ne se retrouve pas dans le discours d’un FN en pleine dédiabolisation, il a par contre de la « sympathie » pour celui décomplexé de la mouvance identitaire.
Les sociétés de journalistes (SDJ) de plusieurs rédactions, dont Radio France, Le Figaro, France 2 ou Le Monde, ont dénoncé vendredi la « censure médiatique » du Front national qui a refusé d’accréditer le site Mediapart et l’émission Quotidien aux « Estivales de Marine Le Pen » ce week-end.
Marine Le Pen : interdire l’accès à Mediapart à ses Estivales est «la moindre des choses»
Mediapart ne sera pas admis aux « Estivales de Marine Le Pen ». Une décision du Front National qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression, selon sa présidente, qui s’est aussi exprimée à propos du polémiste Éric Zemmour, suite à l’annulation d’une de ses conférences à Marseille.
La présidente du Front National, Marine Le Pen, a accusé samedi matin sur France Bleu Provence le Parti socialiste marseillais de « s’enfoncer dans une dérive sectaire » pour avoir demandé l’annulation d’une conférence du polémiste Éric Zemmour, à Marseille jeudi prochain, tout en estimant dans le même temps qu’interdire l’accès aux « Estivales » [les journées de rentrée de son parti organisées à Fréjus, NDLR] aux journalistes de Mediapart et de Quotidien, l’émission de Yann Barthès sur TMC, était « la moindre des choses ».
« La liberté d’expression ne peut pas s’arrêter à ceux qui pensent comme le Parti socialiste », a d’abord expliqué la présidente du FN à propos de la venue contestée [par des élus PS notamment, NDLR] du polémiste Éric Zemmour pour une conférence à Marseille.
« Tout le monde sait que j’ai un certain nombre de divergences avec Éric Zemmour. Mais la liberté d’expression, c’est précisément le droit donné à ceux qui ne pensent pas comme vous d’exprimer leurs idées. Je trouve que le Parti socialiste s’enfonce dans une dérive de plus en plus sectaire et de plus en plus éloignée des principes qui régissent notre République française », a expliqué Marine Le Pen.
Mediapart et Yann Barthès, évincés des Estivales
Interrogée en retour sur la décision du Front National de refuser l’accréditation des journalistes de Mediapart et de l’émission « Quotidien », de Yann Barthès, aux journées de rentrées de son parti, ce week-end, à Fréjus, Marine Le Pen n’y a vu aucune contradiction avec ce qu’elle venait de dire sur la liberté d’expression.
« Je ne vois pas le rapport, le Front National n’empêche pas Mediapart de s’exprimer, a rétorqué Marine Le Pen. En 2012, Mediapart a dit ‘nous inviterons tous les candidats, sauf Marine Le Pen. Et bien Marine Le Pen invite tous les journalistes, sauf Mediapart' ».
« Ca me paraît être la moindre des choses. Soit on est un journaliste, et on est pluraliste et on essaie d’être honnête de temps en temps, soit on se comporte comme un militant politique, et je n’ai pas de raison de recevoir des militants politiques dans nos manifestations. Ca fait cinq ans que ça dure et ça sent un peu la polémique réchauffée », s’est défendue la présidente du Front National.
Le député flamand Luk Van Biesen flanqué de la députée Meryame Kitir à la Chambre des représentants à Bruxelles
Alors que les députés étaient en plein débat sur les conditions de départ des travailleurs du groupe Caterpillar, à l’occasion de la rentrée de la Chambre fédérale belge, le jeudi 15 septembre, la députée d’origine marocaine Meryame Kitir a mis en cause la politique du Premier ministre libéral, Charles Michel. “Ce qui lui a valu, des rangs de l’Open VLD [le parti libéral flamand, qui fait partie de la coalition au pouvoir], une remarque qui a mis les bancs parlementaires sens dessus dessous”,écrit Le Vif-L’Express.
Interrogée par Le Soir, Meryame Kitir, députée du parti socialiste flamand Sp. a , a affirmé que le député fédéral Luk Van Biesen (VLD) lui avait lancé :“Retourne au Maroc !”, et ce, lorsqu’elle rejoignait sa place après avoir posé une question au Premier ministre :
C’est vraiment terrible qu’il ait dit cela au Parlement. Cela dépasse les limites de la liberté d’expression.”
La députée n’était pas la seule à déplorer la réflexion raciste de Van Biesen. Le député écologiste Kristof Calvo (parti Groen, vert, néerlandophone), prenant à son tour la parole, “a dénoncé publiquement l’attitude du député libéral flamand”,relate L’Echo.
Voix chevrotante
Pour sa défense, Luk Van Biesen a indiqué plus tard, au cours de la même séance plénière, que, “si ses propos avaient été mal compris, il s’excusait”. Selon L’Echo, “il a noyé le poisson en revenant sur le débat du jour, précisant avoir voulu rassurer les travailleurs de Caterpillar qui n’auront selon lui pas de peine à convaincre d’autres employeurs vu leurs qualifications”.
Le député n’a pas été soutenu par son parti qui a jugé sa réflexion “inappropriée”. La présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, l’a condamnée fermement en déclarant : “Ceci ne peut se produire, jamais, nulle part.”
Luk Van Biesen a finalement exprimé ses excuses “la voix chevrotante” dans un point presse commun, tenu avec Meryame Kitir au Parlement le lendemain, vendredi 16 septembre, décrit Le Soir dans un autre article :
Je suis désolé d’avoir utilisé les mots blessants de retour au Maroc dans le cadre d’un raisonnement hier à la Chambre…Je regrette d’avoir donné l’impression de blesser Mme Kitir et la communauté marocaine. Je m’en excuse. Je n’ai voulu blesser ni l’une ni l’autre. Ce sont des mots qui n’appartiennent pas à mon vocabulaire… Je ne suis pas raciste et le racisme n’a pas sa place ici.”
Aux Etats-Unis, une enquête relative aux mauvais traitements réservés aux Marines fraichement recrutés défraye la chronique. Parmi les anecdotes racontées, celle d’une jeune musulman considéré comme un terroriste et enfermé dans un sèche-linge en 2015 fait scandale.
L’information a été divulguée dans des documents d’enquête qui révèlent des détails sur les présumés mauvais traitements réservés aux recrues du centre de formation des Marines de Parris Island, en Caroline du Sud. Ils ont été relayés par le Washington Post.
Raheel Siddiqui, mort en mars 2016
Selon le témoignage de ce Marine de confession musulmane, l’instructeur aurait eu dès le début un comportement scandaleux à son égard. «Tu vas tous nous tuer dès que tu en auras l’occasion, hein terroriste ?», «Quels sont tes plans ? Tu n’es pas un terroriste ?». Il l’aurait également accusé d’avoir participé aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, avant de l’enfermer dans un sèche-linge. Selon son témoignage, la jeune recrue y aurait passé suffisamment de temps pour avoir des brulures sur le cou et les bras. Une anecdote révoltante, mais qui témoigne seulement du quotidien de ce centre de Parris Island.
De fait, cette enquête a été diligentée à la suite de la mort d’une jeune recrue d’origine pakistanaise, Raheel Siddiqui, des suites d’une chute de 12 mètres alors qu’il tentait d’échapper à ce même instructeur qui venait de le gifler. Sa mort, en mars 2016, avait alors attiré l’attention du grand public sur les méthodes du centre de formation de Parris Island.
20 membres du personnel dans le viseur de l’administration
La semaine passée, l’état-major avait annoncé que 20 membres du personnel de Parris Island pourraient faire face à des accusations criminelles ou à des sanctions disciplinaires suite aux conclusions de trois enquêtes sur diverses accusations d’abus. Ce ne pourrait être qu’un début. Les enquêtes rapportent ainsi des comportements qui font froid dans le dos : Insultes raciales, homophobes, bizutage violent, harcèlement moral, travail physique imposé à des recrues blessées et donc normalement dispensées.
L’une des enquêtes révèle également qu’à au moins une occasion, les instructeurs étaient ivres après avoir bu du whisky sur leur lieu de travail. Une autre «anecdote» voit un formateur imposer à une recrue de se connecter à Facebook pour prendre le contact de sa sœur et lui parler au téléphone afin de la draguer ouvertement. Une histoire confirmée par la sœur, et que des messages échangés sur le réseau social viennent corroborer.
Le Marine incriminé dans l’affaire du sèche-linge, identifié comme le lieutenant-colonel Joshua Kissoon, a pour sa part été démis de ses fonctions en mars dernier. Son supérieur, le colonel Paul D. Cucinotta ainsi que son conseiller principal, le sergent-major Nicholas Deabreu, ont également fait les frais d’une première enquêtequi pointait leur incapacité à mettre un frein à ces mauvais traitements. Les autres Marines épinglés dans les dernières enquêtes pourraient être poursuivis par leurs anciennes victimes ou par l’état-major à partir de l’automne 2016.
Le maire Front national (FN) de Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, a une nouvelle fois été débouté par la justice dans l’affaire l’opposant à l’Etat et à une association musulmane. La justice a statué : il n’était pas fondé à préempter un local, destiné par la précédente municipalité à devenir une mosquée, pour y installer sa police municipale.
Dans une décision rendue vendredi 16 septembre, le tribunal administratif de Versailles a considéré notamment que la décision attaquée par le maire, Cyril Nauth, « bien que formellement motivée par la nécessité d’installer le service de police municipale dans des locaux plus spacieux, procède en réalité d’une volonté d’utiliser le droit de préemption afin de faire échec à l’installation d’un lieu de culte musulman » et que ce « véritable mobile » est « tiré de considérations étrangères à un but d’intérêt général ». Le tribunal a donc estimé qu’il y avait bien « détournement de pouvoir » de la part du maire.
Cyril Nauth avait déjà été débouté en référé (procédure d’urgence) par cette même juridiction en août 2015, puis par la cour administrative d’appel en octobre.
Lors de l’audience devant le tribunal de Versailles le 2 septembre, le rapporteur public avait souligné « le coût » du projet du maire (760 000 euros) et le fait que le local était « disproportionné » pour une équipe de « 12 agents de police municipale ».
A la tête de Fréjus, l’une des vitrines municipales du Front National, David Rachline, qui se décrit comme un maire pragmatique et « patriote », voit sa gestion contestée par ses opposants locaux, qui dénoncent un idéologue en pleine « dérive totalitaire ». Revue des dossiers qui fâchent, deux ans et demi après son élection.
Des accusations de favoritisme
« Fréjus est devenue la machine à cash du FN, on a vu toute la galaxie du l’extrême droite venir travailler, faire du business chez nous », accuse la cheffe de file du PS local, Elsa di Méo. Parmi d’autres, elle cite les contrats obtenus par une société proche de l’extrême droite pour l’organisation de festivités, une étude financière commandée à un proche du FN, qui a créé sa société à l’occasion des municipales. Ou la nomination d’un ancien candidat FN aux départementales, à la tête de l’école de musique, à statut associatif.
« Dire que les amis de David Rachline s’en mettent plein les poches, ça me fait rire », rétorque le maire: « Il y a un code des marchés publics, le contrôle de légalité de la préfecture n’est pas plus tendre » qu’avec les maires voisins. « Est-ce que les patriotes n’ont pas le droit d’être à la tête d’entreprises? » se défend l’élu.
Le redressement des finances municipales
David Rachline a hérité d’une dette de 150 millions d’euros, et souligne avoir « retrouvé une forme de crédibilité auprès des banques » en réduisant l’endettement de 20 millions: « On n’augmente pas les impôts, on gère mieux cette ville », affirme le sénateur-maire.
David Rachline « sacrifie l’avenir » en vendant de nombreux terrains sans « anticiper le développement » de Fréjus, tempête pourtant l’opposant LR Philippe Mougin. Elsa Di Méo dénonce elle aussi la « vente des bijoux de famille », les centres sociaux « dans une situation catastrophique » après les coupes budgétaires, ou le « plan d’austérité » exigé du personnel municipal.
Idéologue ou pragmatique ? Bras de fer autour de l’installation d’une mosquée, stèle à la mémoire de l’Algérie française ou concert de rock identitaire, de nombreux opposants et associations ont dénoncé une reprise en main idéologique de la ville.
Le style Rachline David Rachline « ne supporte pas la contradiction », dénonce Philippe Mougin, qui évoque même une « dérive totalitaire ». Les droits de l’opposition serait « bafoués » lors de conseils municipaux tendus. En juin, une élue DVD, Françoise Cauwel, s’était plainte que le maire l’ait insultée et lui ait lancé un « Mêlez-vous de vos fesses ».
La nouvelle devrait être officialisée ce week-end : le sénateur-maire de Fréjus David Rachline sera le directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle. StreetPress revient sur les liens qu’il a longtemps entretenus avec Alain Soral.
Alain Soral tracte avec David Rachline et Marine Le Pen lors des municipales 2008
SORAL ET RACHLINE SUR LES ROUTES DU POITOU
Une campagne pour l’élection présidentielle de 2007 à laquelle participait déjà le tout jeune David Rachline et un certain… Alain Soral. Les deux hommes étaient alors très proches. Nous avions tenté d’interroger David Rachline sur cette amitié aujourd’hui très encombrante. Il avait refusé de répondre à nos questions.
Le journaliste Claude Askolovitch, lui, se souvient. Fin 2006, il avait accompagné, sur les petites routes du Poitou, Soral et Rachline en quête de parrainages pour la candidature de JeanMarie Le Pen à la présidentielle 2007. Rachline, gamin de 20 ans, encore subalterne au FN, était admiratif de ce grand frère rebelle qui lui apprenait la vie à coups de discours sur la vie et le rock, raconte Askolovitch.
De cette amitié, il ne reste qu’une vieille tribune sur un blog régional du FN où il se présente comme un « ancien membre d’Égalité & Réconciliation ». [Depuis la parution de ce livre, StreetPress a pu consulter les listings des anciens adhérents d’E&R dans lesquels son nom apparait.] De quoi alimenter les sarcasmes de ses anciens camarades, comme Thomas Joly qui exerça avec lui des responsabilités au Front national de la Jeunesse :
« Quand on voit où en est Rachline aujourd’hui, c’est très amusant de savoir qu’à une époque il rigolait avec des gens radicaux pour essayer de se faire une petite place. »
AVANT LE FRONT
Les liens qui unissent Rachline et Soral sont même antérieurs à l’arrivée officielle de ce dernier au FN. Courant 2005, le futur boss d’Egalité & Réconciliation compte déjà de nombreux relais officiels à l’intérieur du parti, comme Farid Smahi, à l’époque membre du bureau politique. « C’est moi qui lui ai présenté Jean-Marie ! » plastronne celui-ci. Champion de water-polo et fils de harkis, Smahia longtemps joué le rôle de rabatteur pour le FN auprès des musulmans. Jusqu’à son fracassant départ lors du congrès de Tours 2011, où il déclare, devant la presse et des militants estomaqués, « en avoir marre d’être le bougnoule de service ».
Pendant les années 2000, il anime au sein du parti le cercle Arabisme et Francité. Ce club confidentiel a vocation à insuffler des idées nationalistes chez les Français musulmans. D’après cet homme trapu, l’initiative aurait incité Soral à se rapprocher du FN. Ce dernier le contacte par téléphone, puis ils en viennent rapidement à prendre des verres ensemble. Dès les premières réunions, le futur sénateur et maire de Fréjus, David Rachline, les accompagne.
SORAL EN PLACE AU FRONT
Aujourd’hui, le passage d’Alain Soral au FN est un sujet tabou. Marine Le Pen, Louis Aliot, Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just : aucun n’a donné suite à nos demandes d’interviews, sans doute trop gênés par le parcours de leur ancien camarade.
Il fut un temps pourtant où Marine Le Pen elle-même tenait un autre discours sur Alain Soral. Novembre 2006 à la fête des Bleu-Blanc-Rouge, la grande rencontre annuelle des sympathisants du Front national. Le stand des Jeunes avec Le Pen organise un karaoké dans un coin du Parc des expositions du Bourget. Dans une ambiance endormie de fin de kermesse, Marine Le Pen reprend à tue-tête Femme Libérée, le hit des années 80 du groupe Cookie Dingler. Sitôt la chanson terminée, elle appelle Alain Soral, « l’immense écrivain», à venir la rejoindre sur la petite scène improvisée pour chanter Ma gueule de Johnny Halliday.
La future présidente du Front national, légèrement éméchée, harangue son public clairsemé : « Il a beaucoup de talent de plume, il va aussi nous montrer qu’il a des talents de chanteur !» Puis elle lui tend le micro.Alain Soral devient une personnalité de l’extrême droite alors qu’il était jusqu’ici un essayiste borderline venu de la gauche. Encore aujourd’hui, il entretient des liens d’amitiés avec des proches de Marine Le Pen, comme les anciens Gudards Philippe Péninque et Frédéric Chatillon.Street Press
La ministre algérienne de l’Education, Nouria Benghabrit-Remaoun, a ordonné le « retrait immédiat » des livres de géographie des écoles primaires après avoir remarqué la présence du nom d’Israël sur les cartes et l’absence de la « Palestine », a rapporté le journal Ennahar.
D’après le rapport, la ministre a également ouvert une enquête contre la maison d’édition responsable de la publication de ces cartes.
La religion majoritaire en Algérie est l’islam sunnite et le pays se revendique profondément pro-palestinien comme la quasi-totalité des pays d’Afrique du Nord.
L’Algérie figure parmi les 5 pays les plus antisémites du monde.
La semaine dernière, l’équipe féminine paralympique algérienne de goalball a été visée par une enquête du Comité International Paralympique (IPC) soupçonnée de boycotter des matchs contre Israël.
Par ailleurs, un match amical de football entre le Ghana et l’Algérie programmé pour septembre, avait été annulé en juillet en raison de l’opposition du gouvernement algérien envers l’entraîneur de l’équipe ghanéenne d’origine israélienne.
Zvi Ammar est jugé ces jeudi et vendredi pour entrave à la justice. Il est accusé d’avoir récupéré un sac rempli de billets sur une scène de crime devant son entreprise. Ce qu’il nie.
Changement d’ambiance pour Zvi Ammar, le très influent et médiatique président du consistoire israélite de Marseille, qui délivrait ses vœux la semaine dernière encore au tout-Marseille à la grande synagogue lors des célébrations du nouvel an juif. Ces jeudi et vendredi, il se trouvera, à 56 ans, sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Marseille. Il est reproché, à celui qui est également président d’International Sport Fashion (ISF), devenue depuis Sport Négoce International, d’avoir récupéré un bagage plein de billets dans une voiture dont le conducteur venait tout juste de se faire assassiner.Et l’homme, salarié de son principal fournisseur, sortait d’un rendez-vous avec lui…
Zvi Ammar comparait aux côtés de son frère jumeau Simon, renvoyé pour recel, et du passager de la voiture, pour avoir fait «obstacle à la manifestation de la vérité» en «modifiant l’état des lieux d’un crime», précise l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction.
346.360 euros en espèce
L’affaire remonte au 8 novembre 2007. Olivier Plançon, 40 ans, directeur commercial d’un grossiste en articles de sport monégasque, Mercure International of Monaco (MIM), est assassiné d’un coup de fusil à canon court tiré à bout portant en pleine face, sur un parking tout proche d’ISF, dans les quartiers nord de Marseille. Deux hommes à scooter le bloquent alors qu’il veut sortir du parking. L’un d’eux tape à la vitre du conducteur puis tire sans sommation. Les deux hommes prennent aussitôt la fuite sans rien dérober. Ils restent, depuis, introuvables.
Plusieurs témoins de la scène ont vu, quelques secondes à peine après la détonation, un homme en chemise blanche – l’un d’eux a identifié Zvi Ammar– venir récupérer les bagages qui se trouvaient dans la voiture. Or un des sacs aurait, selon l’accusation, contenu 346.360 euros en espèces, somme qui sera retrouvée peu de temps après sur les comptes des sociétés de Zvi Ammar. Ce dernier nie toute remise d’argent liquide au jeune homme assassiné. Son frère, qui s’occupait des espèces, justifie les sommes déposées par des encaissements de leurs magasins et des paiements de clients du Maghreb.
Dans les fameux sacs, pas de traces de ces 346.360 euros, mais seulement 15.000 euros en liquide récupérés la veille auprès d’un autre client et une enveloppe contenant cinq traites au bénéfice de MIM pour 820.000 euros et un petit carton sur lequel est inscrit un décompte précisant le type de billets d’un montant total de 346.360 euros! Simon Ammar a reconnu que c’est bien lui qui l’a rédigé. Du coup, les frères Ammar et Adnan Houdrouge, un milliardaire d’origine libanaise patron de MIM, notamment, ont également été mis en examen pour «abus de biens sociaux, recel et blanchiment». Ils sont soupçonnés d’avoir organisé un système de blanchiment par MIM au bénéfice d’ISF. Ce volet fait l’objet d’une autre instruction. Mais ni Jacques Kalpac, un expert mandaté par le juge dont nous avons pu consulter le rapport, ni les services fiscaux, qui ont tous deux vérifié la comptabilité d’ISF, n’y ont décelé des irrégularités.
C’est la guerre sur le plan diplomatique entre Israël et les Etats-Unis. Mais les deux pays sont tombés d’accord pour renouveler le dispositif d’aide militaire octroyé à Israël. Un dispositif qui entre dans le cadre des résolutions du Congrès américain.
Ils ne sont pas d’accord, mais ont signé un chèque record. Les Etats-Unis ont décidé d’octroyer 38 milliards de dollars – 34 milliards d’euros – d’aide militaire à Israël, étalée sur dix ans. Une nouvelle assistance, et pas des moindres, malgré les fortes tensions qui oppose les deux pays à propos de l’Iran et du processus de paix avec les Palestiniens.
Ce protocole d’accord, rendu public mardi, « constitue le plus important engagement d’assistance militaire bilatérale dans l’histoire des Etats-Unis », a souligné le département d’Etat dans un bref communiqué. Washington n’a pas voulu confirmer le montant de l’assistance pour les années 2019-2028. Mais un responsable israélien a confirmé le chiffre de 38 milliards de dollars sur dix ans évoqué par la presse. L’accord actuel expire en 2018 et octroie 30 milliards de dollars sur dix ans.
Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réclamait une augmentation considérable de l’enveloppe, la presse israélienne citant même cinq milliards de dollars chaque année pendant dix ans, au lieu des trois milliards actuellement. Des exigences que le Premier ministre a justifiées en brandissant la menace de la réintégration de l’Iran dans les relations internationales après la signature de l’accord international sur le nucléaire iranien entre Téhéran et les grandes puissances.
Malgré le montant record, Israël a dû faire des concessions, rapporte Reuters. Le pays s’est ainsi engagé à ne pas réclamer de fonds supplémentaires au Congrès. Il a aussi accepté de mettre un terme à une disposition qui lui permettait de dépenser une partie de l’aide octroyée par Washington pour financer sa propre industrie de défense, sans se fournir sur le marché américain.
Ce nouveau plan doit « permettre à Israël de conserver un « avantage militaire qualitatif » sur ses voisins, comme l’exigent les résolutions du Congrès américain », précise encore Reuters.