«Sein nu de Marianne» : une historienne corrige ce «crétin» de Valls

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Hier soir à Colomiers, en banlieue de Toulouse, Manuel Valls, visiblement en sueur, a invoqué Marianne pour parler de burkini sans le citer, déclarant ainsi : «Marianne elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République !». Ce qui a fait bondir sur Twitter l’historienne Mathilde Larrere, spécialiste des révolutions et de la citoyenneté et auteure de L’ urne et le fusil – elle a également coordonné le livre Révolutions – Quand les peuples font l’Histoire.

«Marianne a le sein nu parce que c’est une allégorie, crétin», s’est ainsi emporté la maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, avant de détailler sa réflexion dans une série de tweets désormais compilés sur un Storify, dans lequel Larrere rappelle que le sein de Marianne est dénudé «sur le modèle des allégories antiques, sans que ça signifie quoi que ce soit… juste un code artistique». In fine, la représentation au fil des ans de Marianne n’a rien à voir avec celle de la féminité : «tout ce qui se joue là est l’image que l’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !».

Libération

Une conseillère de François Hollande se voile pour pouvoir rencontrer le Pape

François Hollande a-t-il voulu envoyer un signe ostentatoire en direction de l’électorat catholique conservateur encore contrarié par l’instauration du « mariage pour tous »? En marge de sa rencontre avec le pape Francois mercredi 17 août, le président français lui a présenté les quatre membres composant sa délégation: Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et des cultes et trois membres de son cabinet élyséen.

En France les JT de 20 heures ne se sont guère attardés sur cette séquence. Mais au même moment en Italie, le journal de la Rai Uno a présenté des images que l’on croyait pourtant révolues: la seule femme de la délégation française, Claudine Ripert-Landler, conseillère de François Hollande en « communication, stratégie et international », s’est présentée devant le pape en portant… un foulard noir sur sa tête.

Un couvre-chef nommé « mantille ». Le quotidien belge Le Soir qui expliquait en mars 2015 à ses lecteurs « pourquoi la reine Mathilde portait un voile [blanc] devant le pape François » précisait que « pour les autres femmes devant se présenter devant le pape, une mantille noire est traditionnellement requise. Cette règle n’est cependant plus aussi suivie qu’avant ». Car si malgré la révision du droit canonique en 1983 le service protocolaire du Saint-Siège préconise toujours aux visiteuses du pape le port de la mantille, de fait, cette recommandation n’est plus une obligation.

Application stricte d’une règle protocolaire, comme l’assure l’Elysée, ou marque ostensible de respect à la fonction papale, la tenue vestimentaire imposée à la conseillère de François Hollande symbolise également un sacré retour en arrière.

Huffington Post

Valls insulté, incident raciste, huées: l’hommage à Nice perturbé

Une foule compacte était rassemblée autour du Monument du Centenaire, sur la promenade des Anglais à Nice, ce lundi 18 juillet.

Entre 11h45 et midi se tenait la commémoration de la ville pour les victimes de l’attentat du 14 juillet dont le bilan se porte pour l’instant à 84 morts.

Avant la minute de silence, à midi pile, des premières huées se sont fait entendre dans la foule, à l’arrivée de Manuel Valls et d’autres personnalités politiques.

Le coup de canon qui a annoncé la minute de silence a brièvement calmé les esprits. Une vague d’applaudissements s’est fait entendre, puis la foule a chanté La Marseillaise.

Alors que la foule commençait à chanter l’hymne local Nissa La Bella, le cortège officiel s’est dirigé vers un autre lieu, passant devant le public. Manuel Valls, notamment, a été copieusement hué et insulté.

L’atmosphère s’est alors considérablement crispée. De nombreuses personnes, se disant écœurées, ont quitté les lieux de recueillement. «Je ne peux pas rester ici», a expliqué une personne qui a souhaité rester anonyme à BuzzFeed News. «C’est dégueulasse.»

«Honte à vous la gauche! Honte à vous!»

— jules darmanin (@JulesDrmnn)

«Démission! Vous êtes des grosses merdes», pouvait-on entendre alors que des gens commençaient à fuir.

— jules darmanin (@JulesDrmnn)

Un incident raciste a également été constaté peu après la fin du recueillement. «Retournez d’où vous venez», dit un homme à une famille dont une personne porte le hijab. «Moi je suis née en France!» lui répond son interlocutrice.

#Nice, une population sous tension après l’attentat du 14 juillet.

— Remy Buisine (@RemyBuisine)

Les militaires et pompiers présents au recueillement ont eux été applaudis par la population rassemblée sur la promenade.

Ambiance très étrange tout à l’heure. Hués sur les politiques et applaudissements pour les pompiers s’alternaient.

— jules darmanin (@JulesDrmnn)

Buzz Feed

77% de jugements négatifs : Manuel Valls explose les compteurs d’impopularité

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Manuel Valls atteint un record d’impopularité en juin, avec 20% (-5) de jugements favorables sur son action, tandis que Nicolas Sarkozy (+5) réduit l’écart avec Alain Juppé en vue de la primaire à droite, selon le baromètre Ipsos/Le Point publié lundi. Avec 16% (-2 points en un mois) d’avis favorables, François Hollande reste stable auprès des sympathisants PS (43%), mais recule auprès de ceux du Front de gauche (14%, -5) et d’EELV (17%, -11).

Quant à Manuel Valls, jamais un Premier ministre n’avait obtenu si peu de jugements positifs depuis la création de ce baromètre en 1996, et autant de jugements négatifs (77%) depuis Alain Juppé (73%) en novembre 1996.

Depuis février et la présentation de la loi travail, la cote de Manuel Valls a chuté de 15 points. Le chef du gouvernement bascule dans l’impopularité auprès des sympathisants du PS (53% d’avis défavorables, +7) et plonge auprès de ceux du Front de gauche (90% d’avis négatifs, +7) et d’Europe Ecologie-Les Verts (83%, +12).

Challenges

Une ONG lance une pétition réclamant la transparence d’activités suspectes autour de Manuel Valls

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L’enquête de « l’Obs » sur l’Alma Chamber Orchestra, l’orchestre dirigé par Anne Gravoin – l’épouse de Manuel Valls – n’en finit pas de faire des vagues. Après la démission d’Anne Gravoin de son poste de directrice artistique, annoncée par nos confrères de « Closer », l’ONG Sumofus a mis en ligne lundi 25 avril au matin une pétition pour demander la publication des comptes financiers de la société d’Anne Gravoin, AG Productions, prestataire et productrice de l’Alma Chamber. Mardi à la mi-journée, la pétition recueillait déjà 23.000 signatures.

Dans le numéro du 31 mars, « l’Obs » révélait que cet orchestre pour la paix avait été aidé et financé par deux proches de Denis Sassou-Nguesso, le dictateur congolais. Le premier, Jean-Yves Ollivier, s’est longtemps occupé de l’écoulement de la production pétrolière du Congo-Brazzaville. L’autre, Ivor Ichikowitz, est le principal fournisseur d’armes du régime de Sassou-Nguesso.

Après 32 ans de règne, ce dernier a été reconduit à la présidence du Congo-Brazzaville le 20 mars dernier, dans des conditions très controversées. De nombreux affrontements ont eu lieu depuis dans le pays.

A travers l’histoire de cet orchestre, ce sont bien les liens entre Manuel Valls et le régime de Sassou-Nguesso qui posent question. Le 17 juin 2015, le Premier ministre français remettait en personne les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur à Jean-Yves Ollivier. Quelques jours plus tard, il se rendait à l’hôtel Shangri-La, à Paris, où séjournait Denis Sassou-Nguesso, alors en voyage officiel en France.

Nabil Berbour, chargé de campagne de Sumofus en France, lance :

« Nous n’accusons personne. Nous demandons simplement à Manuel Valls des explications sur cette affaire, de la même manière qu’avec David Cameron lors de sa mise en cause dans les Panama Papers. » 

Fondée par Taren Stinebrickner-Kauffman, une américano-australienne qui vit à San Francisco, Sumofus dit combattre « les abus de pouvoir des multinationales ». En France, où elle affirme compter sur un réseau de 450.000 membres, elle s’est illustrée le mois dernier avec une pétition contre le néonicotinoïde, un pesticide qui tue les abeilles (plus de 200.000 signatures).

L’Obs

Exigez que M. Valls donne l’exemple et fasse la lumière sur le financement de la société de son épouse.

Comment le camp Valls pousse la gauche dans le néoconservatisme

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Les vallsistes font le pari d’un combat militaire, sécuritaire et culturel.

Sauf lorsqu’il parle du cannabis, les propos de Jean-Marie Le Guen (secrétaire d’État aux relations avec le Parlement) ont en général moins d’audience que ceux de Manuel Valls. Pourtant, c’est bien lui qui formule le mieux et le plus régulièrement, dans des textes pour la Fondation Jean-Jaurès, le fond de l’orientation politique du Premier ministre que de nombreux observateurs tentent de décrypter. Dans La gauche qui vient (un essai en ligne), le cap idéologique et stratégique du camp vallsiste continue ainsi de se préciser sous sa plume.

En juillet 2014, nous avions déjà évoqué sur Slate la tentation «sociale-conservatrice» de Manuel Valls. Ce terme voulait désigner l’esquisse, depuis le camp social-démocrate, d’un modèle de société fondé sur la méritocratie, la compétitivité et l’évitement des conflits moraux et économiques, sous les auspices d’un ordre républicain figé. Depuis, certaines évolutions frappantes du discours vallsiste inciteraient presque à parler de tentation «néoconservatrice».

Il faut dire que la politique étrangère française tend davantage que par le passé à se caractériser par un interventionnisme armé et une diplomatie punitive justifiés par des valeurs universalistes, ce qui n’empêche pas des décisions de realpolitik confinant au cynisme.

Manuel Valls est un de ceux qui poussent le plus loin, surtout à gauche, la rhétorique de «guerre contre le terrorisme» et de défense de la «civilisation», tout en assumant crânement des relations complaisantes avec l’Arabie saoudite.

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Clémentine Autain : « Je n’accepte pas que la laïcité soit instrumentalisée au service d’une chasse aux musulmans. »

Clementine Autain, France's Left Front candidate for the 2014 municipal elections, poses in Sevran in Seine-Saint-Denis on December 20, 2013. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Où Jean-Marie Le Guen a-t-il vu que je souhaite remplacer nos règles républicaines par des normes religieuses ? Jamais je n’ai défendu une telle ineptie. Je tiens à la laïcité, j’en revendique le principe dans la lignée de la conception de Jaurès. Ce que je n’accepte pas, c’est que la laïcité, comme l’égalité hommes/femmes, soit instrumentalisée au service d’une chasse aux musulmans.

Et pour ma part, contrairement à un certain nombre de leaders du PS, je n’ai pas l’intention de redéfinir la laïcité et la République avec Causeur et leurs amis de la droite extrême au sein d’un curieux « Printemps républicain ».

À mon sens, les conditions de l’apaisement supposent de tenir deux bouts : combattre sans faiblir Daesh et les réseaux de recruteurs djihadistes d’une part, lutter contre ce racisme qui prend la forme d’un rejet des musulmans d’autre part. Laisser penser que l’Islam n’a qu’une seule lecture possible, intégriste, conservatrice, mortifère, est de nature à nourrir le projet djihadiste. L’insulte ne me fera pas taire.

Le Monde